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Violences sexuelles sur mineurs : pourquoi 137 ans de lois n’ont pas suffi

Violences
sexuelles sur mineurs : pourquoi 137 ans de lois n’ont pas suffi

Comment expliquer qu’après 137 ans de lois, un enfant sur
cinq soit encore aujourd’hui victime de violences sexuelles en Europe
?
La réponse tient en une phrase : la loi protège ce qu’elle
contrôle — l’école, les loisirs, les institutions — mais elle n’a aucune
prise sur ce qui se passe à l’intérieur d’une famille. Or c’est
précisément là, dans le cadre familial, que se joue l’essentiel des
violences sexuelles sur mineurs en France.

À retenir avant de lire

  • 73 % des violences sexuelles sur mineurs sont commises dans un cadre
    familial, et dans 81 % des cas l’auteur est un proche de l’enfant
    (CIIVISE, 2023) — le risque institutionnel est réel mais statistiquement
    minoritaire
  • Les disparitions inquiétantes de mineurs ont bondi de 18,6 % en 2025
    (1 629 cas) et concernent, pour la première fois, majoritairement des
    moins de 15 ans — avec, chez les filles, une exploitation sexuelle
    présumée ou avérée dans près d’un tiers des dossiers
  • L’interdit de l’inceste est théorisé depuis l’Antiquité comme
    fondateur de toute vie sociale
  • La France légifère sur ce sujet depuis 1889 — 137 ans de textes,
    sans jamais avoir réglé le problème
  • La loi peut agir sur ce qu’elle encadre — école, accueils de
    loisirs, service social — mais elle ne peut rien organiser à l’intérieur
    d’une famille
  • 30 % des auteurs de violences sexuelles sur mineurs sont eux-mêmes
    mineurs (CIIVISE) ; 72 % d’entre eux ont été victimes eux-mêmes

I.
Violences sexuelles intrafamiliales : le principal angle mort de la
protection de l’enfance

Là où personne ne veut
regarder

Chaque année en France, parmi les 160 000 enfants victimes de
violences sexuelles, 73 % le sont dans un cadre familial, et 81
% des auteurs sont des proches de l’enfant
— parents,
beaux-parents, grands-parents, frères et sœurs, oncles et tantes(1). 2
chiffres, pas un seul : le premier mesure le lieu, le second mesure qui
frappe. Posons-les tout de suite, avant toute autre phrase, parce qu’ils
changent tout. Vous imaginez le pédocriminel comme un inconnu :
l’animateur, le prêtre, l’entraîneur. Ce risque existe, on l’a documenté
ailleurs(2) : l’animation périscolaire, contrôlée depuis 1960, reste
traversée par des affaires graves. Mais c’est une fraction minoritaire
du problème. L’essentiel se joue là où personne ne veut regarder : dans
le cercle le plus proche, celui qu’on soupçonne le moins. L’inceste, à
lui seul, concernerait 6 millions de Français — soit, ramené à l’échelle
d’une salle de classe, 2 enfants par classe(3).

La violence familiale ne s’arrête d’ailleurs pas au seul terrain
sexuel, et sa conséquence la plus extrême donne la mesure du problème :
en France, tous les 5 jours, un enfant meurt sous les coups de
ses parents
(4). Ce chiffre n’est pas un à-côté de celui des
violences sexuelles — c’est le même terrain, la même dynamique de
pouvoir absolu sur un corps d’enfant, poussée jusqu’à son issue la plus
radicale.

Les
disparitions inquiétantes : un angle mort qui grossit

Un troisième indicateur, moins commenté que les 2 précédents, mérite
sa place ici : celui des disparitions de mineurs. En droit français,
toute disparition d’enfant est présumée inquiétante — mais
l’administration réserve ce qualificatif précis aux situations où
l’intégrité ou la sécurité de l’enfant apparaît réellement menacée, par
opposition à la simple fugue, qui se résout dans l’immense majorité des
cas par un retour volontaire et représente encore 95 % des signalements.
En 2025, les disparitions inquiétantes atteignent 1 629 signalements —
une hausse de 18,6 % en un an, qui confirme une tendance déjà à l’œuvre
depuis 3 ans : 1 140 cas en 2022, 1 259 en 2023. Pour la première fois,
elles concernent majoritairement des mineurs de moins de 15 ans. Et chez
les jeunes filles, l’exploitation sexuelle est présumée ou avérée dans
près d’un tiers des dossiers. Un enfant qui disparaît n’est donc pas,
par défaut, un enfant qui fugue : c’est, de plus en plus souvent, un
enfant déjà pris dans un rapport d’emprise — la même dynamique que celle
documentée tout au long de cet article, simplement révélée un instant
plus tôt, au moment où l’enfant tente de fuir plutôt que de
subir(5).

Rien de tout cela n’est neuf. C’est même l’un des interdits les plus
anciennement pensés de toute l’histoire occidentale — 24 siècles à le
théoriser, 137 ans de lois françaises pour tenter de le traduire en
droit. Et malgré cette profondeur historique, un enfant sur 5 continue,
en 2026, d’être victime de violences sexuelles en Europe. 24 siècles de
réflexion n’ont donc pas suffi à faire reculer ce qu’ils condamnaient
déjà. Il va falloir comprendre pourquoi.

II.
L’inceste dans l’histoire : de l’Antiquité à la protection de
l’enfant

Le tabou le plus ancien du
monde

Vingt-quatre siècles avant la loi, la philosophie occidentale avait
déjà théorisé l’interdit de l’inceste — sans jamais penser l’enfant
comme une victime à protéger.

Antiquité
: un interdit politique, pas encore une protection de l’enfant

La philosophie grecque et romaine pose la prohibition de l’inceste
comme une nécessité. Politique, sociale — jamais une protection de la
victime. Selon l’analyse de l’anthropologue Bernard Vernier(6), Platon,
dans Les Lois (Livre VI, 773a-e), justifie l’exogamie par le
risque que ferait courir à la cité une trop grande concentration des
biens au sein d’un même cercle familial. Aristote, dans la
Politique (Livre II), dit la même chose autrement : le mariage
hors du cercle familial étend le réseau d’alliances. Il ne protège pas
un enfant. Plutarque, dans ses Questions romaines(7), se
demande pourquoi les Romains évitent d’épouser leurs proches parents —
et répond dans le même registre : pour multiplier les relations, pas
pour prévenir une violence.

Aucune de ces 3 sources ne condamne l’inceste comme une atteinte à la
personne de l’enfant. Platon, Aristote, Plutarque n’avaient tout
simplement pas les catégories mentales pour penser ce que nous appelons
aujourd’hui une victime.

Moyen
Âge : la condamnation théologique, et un déni social documenté

Il faut attendre le christianisme pour voir apparaître une
condamnation morale. Saint Augustin, cité par Thomas d’Aquin, qualifie
l’union charnelle entre proches parents de « condamnable par une
prohibition religieuse ». Thomas d’Aquin y consacre un article entier de
la Somme théologique (Supplément, question 58), synthétisant
Augustin et Aristote, cité comme ayant identifié dans l’inceste «
quelque chose d’indécent et de répugnant par raison naturelle »(8).

Le dispositif canonique suit. L’interdiction des unions consanguines
est d’abord fixée, au haut Moyen Âge, au septième degré de parenté. Le
calcul canonique diffère du droit civil moderne : on ne compte pas le
total des échelons entre 2 personnes, seulement les générations séparant
chacune de l’ancêtre commun. Frères et sœurs : premier degré. Cousins
germains : deuxième degré. Cousins issus de germains : troisième degré.
Cousins au second degré : quatrième degré. Le septième degré, lui,
remonte à un ancêtre commun 7 générations plus haut — une parenté si
diluée qu’elle devenait, en pratique, impossible à tracer sans
généalogie précise. Elle touchait de fait la quasi-totalité des
habitants des petits villages, où tout le monde était plus ou moins
apparenté. Une règle qui protégeait moins les enfants qu’elle ne servait
à discipliner l’endogamie aristocratique — seule catégorie sociale
disposant des moyens de vérifier une telle parenté.

En 1215, le concile de Latran IV abaisse la limite au quatrième degré
— les cousins au second degré. Resserré, mais encore large. Et la vraie
raison de la réforme n’a rien de protecteur : la règle des 7 degrés
était devenue un instrument politique, permettant de faire annuler des
mariages devenus gênants sous prétexte de consanguinité.

Reste un fait que la condamnation théorique ne suffit pas à masquer :
elle ne s’est jamais traduite en protection réelle. La figure du «
mauvais père » est quasiment absente de l’iconographie médiévale — on
préfère montrer une autorité paternelle légitime aux côtés d’une mère
protectrice. Les cas d’inceste restent rares dans les archives
judiciaires(9). Un article consacré à la question résume le paradoxe
d’un titre presque ironique : Pas de #MeTooInceste au Moyen
Âge
(10). L’interdit est proclamé du haut de la chaire. Sa
transgression, elle, ne remonte jamais jusqu’au tribunal.

Lumières : le débat entre
nature et loi

Le XVIIIe siècle déplace la question : l’interdit relève-t-il de la
nature, ou de la seule loi humaine ? Montesquieu, dans L’Esprit des
lois
(Livre XXVI, chapitre 14), avance un argument biologique pour
justifier la prohibition mère-fils, fondé sur le décalage entre les âges
de fertilité des 2 sexes(11). L’article « Inceste » de
l’Encyclopédie, dirigé par Diderot, va dans le même sens : la
prohibition y est fondée sur la loi, pas sur une répulsion
instinctive(12).

Voltaire s’y oppose frontalement. Dans l’article « Inceste » de son
Dictionnaire philosophique (1771), il conteste la
relativisation de Montesquieu et affirme un rejet universel, fondé sur
la raison : « Nous ne connaissons aujourd’hui aucun peuple de la Crimée
jusqu’aux frontières de la Chine, où l’on soit dans l’usage d’épouser sa
fille(13). » Basculement décisif : pour la première fois, la prohibition
de l’inceste devient un objet de débat rationnel, pas une simple
évidence religieuse ou un calcul politique.

Freud,
Lévi-Strauss : le fondement même de la culture

Au XXe siècle, Sigmund Freud fait de la prohibition de l’inceste l’un
des 2 tabous fondateurs de toute culture humaine, avec l’interdit du
meurtre — le tout premier chapitre de Totem et tabou
(1912-1913) s’intitule, sans détour, « La prohibition de l’inceste
»(14). Claude Lévi-Strauss reprend l’intuition sur un terrain structural
: dans Les Structures élémentaires de la parenté (1949), il
fait de cette prohibition la charnière exacte entre nature et culture —
« la règle du don par excellence »(15), le moment où l’humanité bascule
de l’une à l’autre.

Ce que ce parcours
philosophique révèle

24 siècles de pensée occidentale ont théorisé la
prohibition de l’inceste comme fondatrice — de la cité
chez Platon, de la morale chez Thomas d’Aquin, de la raison chez
Voltaire, de la culture elle-même chez Freud et Lévi-Strauss. 24
siècles, et un point aveugle qui traverse tout : la reconnaissance de sa
transgression comme violence faite à la personne de
l’enfant
est une conquête récente. Bien plus récente que
l’interdit lui-même.

Cet écart entre la théorie et la protection réelle ne s’arrête pas à
la philosophie. On le retrouve, presque à l’identique, dans l’histoire
du droit français. Posons tout de suite une limite qui structure toute
la suite : la loi peut agir sur ce qu’elle encadre — l’école, l’accueil
de loisirs, le service social. Elle ne peut rien organiser à l’intérieur
d’une famille. C’est cette frontière qui explique pourquoi l’essentiel
du phénomène reste hors de portée des dispositifs qu’on va détailler
maintenant — et pourquoi un seul d’entre eux, la formation des
professionnels à l’écoute, parvient malgré tout à la franchir.

III.
Pédocriminalité en France : quand l’élite intellectuelle défendait
l’indéfendable (1977-2021)

Le
déni ne fut pas seulement administratif — il fut aussi intellectuel

Une partie de la réponse tient à un fait moins connu, et plus
inconfortable : pendant près de 20 ans, une fraction non négligeable de
l’intelligentsia française a publiquement défendu, ou à tout le moins
toléré, des positions aujourd’hui unanimement rejetées.

1977 : une
pétition signée par l’élite intellectuelle

Le 26 janvier 1977, Le Monde publie une lettre ouverte à la
Commission de révision du code pénal, rédigée par Gabriel
Matzneff
, soutenant 3 hommes en détention provisoire pour des
faits commis sur des mineurs de moins de 15 ans. Elle est signée par 69
personnalités, parmi lesquelles Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir,
Michel Foucault, Roland Barthes, Louis Aragon et Françoise Dolto(16). Un
an plus tôt, en 1975, Daniel Cohn-Bendit publie Le
Grand Bazar
, où il décrit des interactions à caractère sexuel avec
de jeunes enfants dont il avait la charge dans un jardin d’enfants à
Francfort — un passage qui passe totalement inaperçu, y compris lors de
son passage à la télévision française, jusqu’à sa republication en 2001.
En 1978, une émission de France Culture réunit Foucault, Guy Hocquenghem
et le juriste Jean Danet pour défendre, pendant plus d’une heure, l’idée
que des personnes condamnées pour pédocriminalité le seraient à
tort(17).

20 ans de tolérance,
documentés

Ce n’est pas un ensemble de dérapages isolés. Le sociologue Pierre
Verdrager y a consacré un ouvrage entier(18), documentant comment, de la
fin des années 1970 au milieu des années 1990, ces positions circulaient
sans provoquer de sanction sociale ou professionnelle — chez des auteurs
de droite comme de gauche, dans des cercles homosexuels comme
hétérosexuels. Ce qui les unissait, selon lui, était la croyance en une
forme d’aristocratie de la sexualité, s’estimant non soumise aux règles
ordinaires.

2020-2021 : le basculement
Matzneff/Duhamel

Matzneff continue de revendiquer publiquement son goût pour les
mineurs pendant plus de 40 ans, sans être inquiété — jusqu’à ce que
Vanessa Springora publie Le Consentement, en janvier 2020,
décrivant la relation d’emprise subie à 14 ans. Un an plus tard, en
janvier 2021, Camille Kouchner publie La Familia grande,
révélant que son beau-père, le politologue Olivier
Duhamel
, avait abusé sexuellement de son frère jumeau
adolescent. Duhamel reconnaît les faits, aujourd’hui prescrits. Cette
double révélation, à un an d’écart, déclenche le hashtag #MeTooInceste
et conduit directement à la loi Billon d’avril 2021 —
fixant, pour la première fois, un seuil d’âge en dessous duquel aucun
consentement ne peut être invoqué par un adulte : 15 ans pour
l’agression sexuelle, 18 ans en cas d’inceste(19). Elle est aussi
identifiée comme l’un des facteurs déclencheurs directs de la création
de la CIIVISE la même année — un lien qu’on retrouvera,
plus loin, jusque dans la présidence même de cette commission(20). 5 ans
après cette loi, un trou subsiste, que le rapport El Haïry pointe
explicitement en 2026 : le droit pénal français exclut toujours
les cousins de la définition légale de l’inceste
— alors que 13
% des filles et 16 % des garçons victimes de violences incestueuses
l’ont été par un cousin ou une cousine(4). Le mot existe. La loi, pour
ce lien de parenté précis, ne le reconnaît pas encore.

1977-2021 : un contraste
presque vertigineux

Le contraste avec 1977 est presque vertigineux. 44 ans plus tard, le
10 février 2021, Libération publie une autre tribune collective
— signée cette fois par la psychiatre Muriel Salmona, l’actrice Andréa
Bescond et la sportive Sarah Abitbol — intitulée « L’heure de la
tolérance zéro a sonné(21) ». Même forme, même journal, position
exactement inversée. Une génération a suffi pour renverser la norme
sociale dans l’espace intellectuel et médiatique français. Une question
demeure alors, à laquelle la partie suivante tente de répondre :
pourquoi ce même espace de temps n’a-t-il pas suffi, du côté de l’action
publique, à combler l’écart entre le diagnostic et la protection réelle
?

IV.
Chronologie des lois contre les violences sexuelles sur mineurs en
France (1889-2026)

137 ans de textes, un déni
documenté

Cent trente-sept ans de lois, de rapports et de commissions n’ont pas
suffi à combler l’écart entre le diagnostic et la protection réelle des
enfants.

Une
chronologie qui commence bien avant qu’on ne le croie

La France légifère sur la maltraitance des enfants depuis 1889. La
loi Roussel du 24 juillet 1889 remet en cause, pour la
première fois, la toute-puissance paternelle au nom de la protection des
enfants maltraités(22). Elle doit son nom à Théophile Roussel, médecin
de campagne devenu sénateur de la Lozère, qui avait déjà fait voter, 15
ans plus tôt en 1874, une première loi portant son nom — contre une
mortalité infantile atteignant alors 70 à 80 % chez les enfants placés
en nourrice dans certains départements. Il dépose le projet de la
seconde loi dès 1881. Il faudra 8 ans pour qu’elle soit votée(23). Ce
n’est pas un sujet neuf : c’est un sujet vieux de près d’un siècle et
demi, qui n’a cessé d’être documenté, légiféré, réformé — et pourtant
redécouvert, à intervalles réguliers, comme s’il s’agissait chaque fois
d’un scandale inédit. Le tableau ci-dessous n’en retient que les jalons
les plus significatifs ; il suffit néanmoins à mesurer la répétition du
même mouvement : un scandale, un rapport, des recommandations — puis,
trop souvent, un silence, jusqu’au scandale suivant.

Date Origine Réponse légale ou institutionnelle
1889 Scandale : débats sur la toute-puissance paternelle, portés 8 ans
par Théophile Roussel
Loi Roussel — première protection légale des enfants maltraités
1898-1904 Administrative : raffinement technique de 1889, mouvement
international (modèle américain cité au Sénat)
Répression aggravée des violences sur enfants ; assistance publique
départementale
1938 Scandale : accidents et dérives dans les colonies de vacances de
l’entre-deux-guerres
Les colonies de vacances placées sous protection de l’autorité
publique
1960 Administrative : structuration progressive, en plein essor de
fréquentation des colonies
Premier dispositif de contrôle d’honorabilité des encadrants
d’ACM
1989 Administrative : rapport Bouchet (1989) et plaidoyer du juge
Rosenczveig
Loi Dorlhac — numéro d’urgence 119, bilan triennal obligatoire
(disparu en 2000)
2000 Administrative : même plaidoyer Rosenczveig, prolongé Création du Défenseur des enfants, autorité indépendante
2006 Importée : modèle nord-américain (Amber Alert) ; test réussi lors de
l’enlèvement de la petite Aurélia, nov. 2005
Création du dispositif Alerte enlèvement
2009-2011 Administrative : décision budgétaire, sans scandale déclencheur Résistance sénatoriale cassée en 24h ; dissolution du Défenseur des
enfants
2016 Administrative : ajustement technique du dispositif de 1960 Premier renforcement du contrôle des antécédents judiciaires
2020-2021 Scandale : affaires Matzneff (Springora) et Duhamel (Kouchner) Loi Billon ; création de la CIIVISE
2022 Scandale : crise de l’aide sociale à l’enfance, hôtels, mineurs sans
encadrement
Loi Taquet — interdiction des hôtels pour l’ASE (décret retardé
jusqu’en 2024)
2023 Institutionnelle : 30 000 témoignages recueillis par la CIIVISE
(2021-2023)
82 recommandations de la CIIVISE
2025 Scandale : Bétharram, manquements ASE Commission d’enquête parlementaire : « une action publique
profondément et structurellement dysfonctionnelle »
2026 (juin-juillet) Scandale : meurtre de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers 20 décisions El Haïry ; perpétuité et imprescriptibilité votées
après un premier rejet

Le tableau condense un siècle et demi en une colonne ; chaque ligne
mérite qu’on s’y arrête.

1898-1960 : les
premiers textes, sans drame déclencheur

En 1898, une loi aggrave la répression des violences, voies de fait
et actes de cruauté envers les enfants — la première fois que le code
pénal distingue explicitement la maltraitance infantile comme une
circonstance aggravante en soi. En 1904, 2 lois se succèdent en 2 jours
: le 27 juin, celle du service des enfants assistés, qui organise pour
la première fois une prise en charge départementale structurée jusqu’à
21 ans ; le 28 juin, celle sur l’éducation des « pupilles vicieux ou
difficiles » — un vocabulaire qui, à lui seul, dit tout de l’époque et
de la manière dont on pensait alors l’enfant en danger. En 1938, un
décret-loi place enfin les colonies de vacances sous la protection de
l’autorité publique — sans fixer ni durée, ni effectif minimal ; un
texte-cadre, pas un texte de contrôle. Il faudra attendre 1960, on l’a
documenté ailleurs, pour qu’un vrai dispositif de vérification des
encadrants voie le jour.

1989-2006 : nés d’un
plaidoyer, pas d’un scandale

En 1989, la loi Dorlhac crée le numéro d’urgence 119
et impose un bilan triennal au Parlement — cette obligation de rendre
compte disparaîtra avec l’abrogation du texte en 2000, sans que personne
ne s’en émeuve publiquement. Contrairement à la plupart des textes de ce
tableau, ni celui-ci ni la création du Défenseur des enfants en 2000 ne
répondent à un scandale précis : ils sortent d’un rapport (celui de Paul
Bouchet, en 1989) et du plaidoyer de longue haleine d’un juge,
Jean-Pierre Rosenczveig — la preuve qu’une réforme peut aussi naître
d’un travail de fond, sans qu’il faille un drame pour la déclencher. Le
dispositif Alerte enlèvement, lui, suit un chemin
différent encore : inspiré du modèle nord-américain Amber Alert, il est
testé à titre expérimental le 20 novembre 2005 lors de l’enlèvement de
la petite Aurélia — l’enfant est rapidement retrouvée, et le succès de
l’essai suffit à convaincre le garde des Sceaux Pascal Clément de le
pérenniser dès février 2006(24). En 2016, une loi renforce le contrôle
des antécédents judiciaires des professionnels de l’enfance, prolongeant
le dispositif de 1960 à de nouveaux secteurs — un ajustement technique,
sans grand débat, qui contraste avec la lenteur des textes plus
structurants.

2022 :
la loi Taquet, ou la loi qui a attendu qu’un enfant meure

Le cas le plus instructif reste la loi du 7 février 2022, dite
loi Taquet. Son article 7 interdit l’hébergement des
mineurs de l’aide sociale à l’enfance en hôtel — une pratique documentée
comme dangereuse depuis des années. La loi est promulguée ;
l’interdiction, elle, n’entre en vigueur que le 1er février 2024, 2 ans
plus tard, le temps qu’un décret d’application précise les modalités. Ce
décret devait initialement paraître fin 2023. Il ne sort que le 16
février 2024 — 22 jours après que Lily, 15 ans, s’est donné la mort dans
une chambre d’hôtel qu’elle occupait depuis août 2023, l’histoire même
qu’on racontera plus loin dans cet article(25). La loi existait. Le
décret qui devait la rendre applicable a attendu qu’un enfant meure pour
être publié.

Le retard n’était pas que bureaucratique. Départements de France,
l’association qui réunit l’ensemble des présidents de conseils
départementaux, a publiquement qualifié la loi Taquet, dès sa parution,
d’« hélas irréaliste et inapplicable dans les conditions actuelles » —
invoquant, noir sur blanc, le manque de moyens financiers et humains et
la saturation des structures d’accueil(26). Ce ne sont pas des
associations extérieures qui critiquent : ce sont les départements
eux-mêmes, chargés d’appliquer la loi, qui annoncent par avance ne pas
pouvoir le faire. Le contexte donne raison à leur alerte : sur 208 064
enfants placés à l’ASE au niveau national, 21 % sont des mineurs non
accompagnés, une population que les départements disent ne pas avoir été
équipés pour absorber ; un rapport de l’IGAS de 2020 évaluait déjà à
environ 10 400 le nombre de mineurs de l’ASE hébergés en hôtel, dont 95
% de mineurs non accompagnés. Et même une fois publié, le décret
d’application a reçu un avis défavorable du Conseil national de la
protection de l’enfance — l’instance censée valider la politique
publique jugeant insuffisant son propre texte d’application(27).

Cette accumulation appelle une question simple : pourquoi le même
diagnostic revient-il, presque à l’identique, tous les 5 à 10 ans ?

La mécanique documentée de
l’inaction

5 épisodes suffisent à démonter le mécanisme. Pas 5 anecdotes : 5
décisions, prises par des gens qu’on peut nommer.

Le
Défenseur des enfants, dissous contre son propre avis — en une nuit

Créé en 2000, il est visé par un projet de suppression en 2009.
L’UNICEF France s’indigne, la Ligue des droits de l’Homme aussi. Le
Sénat résiste une première fois : le 2 juin 2010, il vote le maintien
d’une institution autonome. Le gouvernement n’apprécie pas la réponse.
Il demande une seconde délibération. Il l’obtient le lendemain. Le
Défenseur des enfants devient un adjoint, sans pouvoir propre. 24 heures
pour effacer une résistance parlementaire. Dominique Versini, qui
occupait la fonction, résume ce qu’on venait de lui retirer : « les
enfants ne sont pas des citoyens comme les autres(28). » Une étude
académique conclura, des années plus tard, que cette fusion n’a
strictement rien apporté(29). Elle a juste coûté une voix
indépendante.

Une
commission qui n’a jamais pu se stabiliser autour d’une présidence

La CIIVISE est créée en 2021, dans le sillage direct du livre de
Camille Kouchner sur l’inceste subi par son frère. Sa toute première
présidence doit déjà être abandonnée avant même son installation :
Élisabeth Guigou, initialement pressentie, se retire en raison de sa
proximité avec Olivier Duhamel, empêtré à ce moment précis dans le
scandale qui vient d’éclater. La présidence bascule sur le juge Édouard
Durand et Nathalie Mathieu. De 2021 à 2023, ils recueillent 30 000
témoignages lors d’auditions publiques dans toute la France, et en
tirent, le 17 novembre 2023, un rapport de 756 pages formulant 82
recommandations — c’est de là que vient ce chiffre qu’on croise partout
depuis. Un mois plus tard, le 11 décembre 2023, le gouvernement annonce
le maintien de la commission, avec des compétences élargies — mais
remplace Durand et Mathieu par l’ancien rugbyman Sébastien Boueilh et
l’experte judiciaire Caroline Rey-Salmon. Associations et experts jugent
la décision incompréhensible. 11 membres démissionnent en signe de
protestation, rejoints par un douzième ; tous publient, le 4 janvier
2024 dans Libération, une tribune au titre sans détour : «
Inceste : la Ciivise change et nous sommes très inquiets(30). »

La suite leur donne raison, presque trop vite. Le 7 février 2024,
Caroline Rey-Salmon, visée par une plainte pour agression sexuelle par
personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction — plainte
classée depuis —, se met en retrait puis démissionne. Le lendemain,
Sébastien Boueilh démissionne à son tour, s’estimant « cible de
calomnies, d’attaques personnelles ». 2 présidents nommés en
remplacement de Durand, partis en moins de 2 mois. Le 14 février 2024,
les 13 membres démissionnaires demandent, par lettre, le retour
d’Édouard Durand — en vain. En avril 2024, le gouvernement opte pour une
gouvernance collégiale : un « collège directeur » de 4 personnes (Maryse
Le Men Régnier, Thierry Baubet, Solène Podevin, Bruno Questel), pour «
croiser les points de vue » après cette période de vacance. Une
direction relativement stable n’est retrouvée qu’en septembre 2025, avec
un trio resserré (Baubet, Le Men Régnier, Podevin)(31). 4 présidences ou
configurations différentes en moins de 4 ans, pour une commission censée
incarner, précisément, la continuité de l’écoute due aux victimes. Le
bilan officiel de juin 2026 sur les 82 recommandations tombe enfin : sur
les 17 jugées prioritaires, 3 seulement sont réellement appliquées(32).
3 sur 17 — après tout ça.

Un rapport sur l’école,
caché plus d’un an

En juillet 2021, l’Inspection générale de l’éducation remet un
rapport sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire — une mission
déjà réduite, faute de moyens qu’on ne lui a pas donnés. Ce rapport dort
plus d’un an dans un tiroir ministériel. Il ne sort pas parce qu’un
ministre décide de le publier : il sort parce que la presse spécialisée,
ToutEduc, va le chercher(33). Sans ce travail journalistique, combien de
temps serait-il resté là ?

Un rapport sur la police,
caché 3 ans

Un autre cas, plus grave encore, suit exactement le même chemin. En
juin 2023, un rapport sur l’état et le traitement des stocks de
procédures dans les commissariats est remis à Gérald Darmanin, alors
ministre de l’Intérieur. Il y est déjà écrit, noir sur blanc, que le
renforcement de la présence policière sur la voie publique et le
démantèlement de services d’enquête conduisent à délaisser les
contentieux les moins visibles, « comme les violences sur les enfants ».
Le rapport reste confidentiel pendant 3 ans — y compris après que
Darmanin devient garde des Sceaux —, jusqu’à sa révélation par la presse
en juin 2026(34). Le même homme qui, ce mois-là, ordonne la grande revue
nationale des plaintes qu’on racontera plus loin dans cet article,
savait donc depuis 3 ans, par un rapport qu’il avait lui-même gardé
secret, que le problème existait.

La boucle se referme un mois plus tard, et Darmanin change de rôle
sans changer de méthode. Fin juillet 2026, devenu garde des Sceaux, il
adresse une note au ministre de l’Intérieur et à la ministre de la Santé
— copie au président de la République et au Premier ministre — sur les «
suites de l’affaire Lyhanna : synthèse des revues de portefeuilles des
36 cours d’appel ». Le document, révélé par Le Monde le 8 août
2026, dresse un constat sans détour. Sur les 85 047 dossiers en stock,
69 626 ont été réexaminés (81,9 %) — un travail qui révèle au passage
l’ampleur de la sous-évaluation initiale des stocks réels : à
Aix-en-Provence, le chiffre passe de 3 152 à près de 4 900 affaires ; à
Bordeaux, de 1 499 à 2 913 ; à Poitiers, de 1 983 à 3 483 ; à Reims, de
1 312 à 2 030. Le document identifie environ 970 dossiers « extrêmement
prioritaires » — victime toujours mineure, auteur identifié avec
antécédents judiciaires. Il révèle surtout l’existence d’un vaste «
stock fantôme » : des procédures conservées par les services de police
et de gendarmerie, mais jamais transmises aux parquets, qui en
ignoraient jusque-là jusqu’à l’existence même. Rien qu’à Nîmes, 1 275
procédures dormaient ainsi hors de vue de la justice ; 905 à Caen ; une
quinzaine de dossiers sont retrouvés purement et simplement perdus à
Bourges. Un travailleur social peut ouvrir un signalement sans que le
tribunal n’en soit jamais informé — l’une des explications avancées pour
comprendre comment un stock aussi massif a pu échapper, des années
durant, à tout contrôle judiciaire. Le document pointe aussi des failles
structurelles : un réseau de médecine légale à bout de souffle (un seul
médecin légiste pour toute la Corse), une pénurie chronique d’experts
psychiatres et psychologues, un maillage incomplet des unités d’accueil
pédiatriques, et des outils statistiques si peu fiables que les fichiers
de la police, de la justice et des services d’enquête ne se recoupent
pas entre eux(35).

Face aux commentaires suscités par la fuite d’un document que, selon
ses mots, « personne n’a vu », Darmanin choisit de le publier lui-même
intégralement sur les réseaux sociaux le lendemain, rappelant au passage
son propre bilan : la création de l’OFMIN et le doublement des effectifs
de la brigade des mineurs de la préfecture de police lors de son passage
à l’Intérieur, 2 ans plus tôt. Le Syndicat de la magistrature n’en reste
pas moins ironique : le ministre semble « découvrir l’état des services
de police et de gendarmerie » — 3 ans après avoir lui-même enterré un
rapport qui disait déjà la même chose(36).

Un rapport
sur la mortalité infantile, caché 7 mois

En janvier 2026, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS)
remet au ministère de la Santé un rapport de 304 pages sur la mortalité
infantile en France — un taux qui atteint 4,1 décès pour 1 000
naissances en 2024, plaçant le pays au 23e rang sur 27 dans l’Union
européenne. Sur 661 822 enfants nés cette année-là, 2 709 meurent avant
leur premier anniversaire ; si la France s’était maintenue au niveau de
la moyenne européenne (3,3 pour 1 000), 529 décès auraient pu être
évités chaque année. Le rapport pointe trois facteurs : la précarité
sociale — en Seine-Saint-Denis, le taux atteint 6 pour 1 000, trois fois
la moyenne suédoise —, l’origine des mères nées hors de l’Union
européenne, et leur âge, la mortalité étant trois fois plus élevée avant
20 ans et après 40 ans que pour les 26-37 ans. Thomas Audigé, directeur
de l’IGAS, réclame en vain sa publication pendant des mois. La ministre
de la Santé Stéphanie Rist, en poste depuis janvier 2026, le laisse dans
un tiroir. Le 8 juillet 2026, sous la pression, elle annonce la création
d’une « mission destinée à formuler des propositions concrètes » — un
futur rapport pour remplacer un rapport déjà écrit. Il faut attendre une
révélation du Canard enchaîné, début août 2026, pour que le
rapport soit enfin rendu public, près de 7 mois après sa remise(37).

Un cycle de 27
recommandations, jamais suivies

À ces 5 épisodes s’ajoute un aveu plus large, et chiffré. En 2009, la
Cour des comptes formule 27 recommandations sur la protection de
l’enfance. 11 ans plus tard, le 30 novembre 2020, elle publie un nouveau
rapport thématique — 75 structures examinées, plus de 30 territoires —
et rend son verdict sur ses propres préconisations : les 3 quarts n’ont
pas été mises en œuvre, ou alors de façon très lacunaire. Elle
documente, pour 328 000 enfants sous mesure de protection et 8,4
milliards d’euros dépensés chaque année, un pilotage qu’elle qualifie
elle-même de défaillant, freiné par « la confusion des missions entre de
multiples organismes »(38). 27 recommandations, 3 quarts sans suite, 11
ans d’attente pour l’apprendre : la Cour des comptes s’est auto-citée
pour dire, essentiellement, qu’on ne l’avait pas écoutée — et personne,
à ce niveau non plus, n’a eu à en répondre.

Un
rapport sur la mortalité infantile, enterré en 2026

Le mécanisme ne se limite pas à la protection de l’enfance au sens
strict — il traverse jusqu’à la santé des tout-petits. L’Inspection
générale des affaires sociales remet un rapport de 304 pages sur la
mortalité infantile en France, qui atteint 4,1 pour 1 000 naissances en
2024 selon l’Insee : la France se classe 23e sur 27 pays de l’Union
européenne, et 529 décès seraient évitables chaque année si le pays se
maintenait à la moyenne européenne, de 3,3 pour 1 000. Le rapport
identifie 3 facteurs principaux : la précarité sociale — le taux atteint
6 pour 1 000 en Seine-Saint-Denis, soit près du double de la moyenne
européenne —, l’origine des mères nées hors Union européenne, notamment
en Afrique subsaharienne, et leur âge, la mortalité étant 3 fois plus
élevée avant 20 ans et après 40 ans que dans la tranche 26-37 ans.
Thomas Audigé, chef de l’Igas, réclame en vain sa publication depuis des
mois. Stéphanie Rist, ministre de la Santé depuis janvier 2026, le garde
dans ses tiroirs. Le 8 juillet 2026, sous la pression, elle annonce la
création d’une « mission destinée à formuler des propositions concrètes
» — un futur rapport pour en remplacer un déjà écrit(39). Le mécanisme
documenté tout au long de cette partie ne s’arrête donc pas aux portes
de la protection de l’enfance : c’est une manière de gouverner.

2025-2026 : l’errance
législative en temps réel

Une proposition de
loi enterrée en 17 jours

Vous pensiez que ce schéma appartenait au passé ? Le voici qui se
rejoue sous vos yeux, pendant que vous lisez cet article. Le 14 octobre
2025, une proposition de loi visant à renforcer la protection des
mineurs dans le cadre scolaire est déposée à l’Assemblée nationale. Elle
est retirée par ses propres auteurs 17 jours plus tard, sans avoir été
examinée(40). 17 jours pour l’enterrer.

La loi
intégrale : 10 mois pour fixer un calendrier

Un second texte, distinct, illustre le même étirement du calendrier.
Une proposition de loi transpartisane « visant à lutter de manière
intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à
l’encontre des femmes et des enfants » est déposée le 2 décembre 2025,
portée par des députés de plusieurs groupes politiques, à la suite d’une
pétition ayant recueilli plus de 330 000 signatures et d’une
mobilisation citoyenne inédite, marquée par une marche nationale le 4
juillet 2026. Le texte est soumis pour avis au Conseil d’État en juin
2026, puis au Conseil économique, social et environnemental. Ce n’est
que le 21 juillet 2026 — le jour même du vote du projet de loi sur la
protection de l’enfance — qu’une réunion coprésidée par le Premier
ministre Sébastien Lecornu et la présidente de l’Assemblée nationale
Yaël Braun-Pivet fixe enfin un calendrier : un texte remanié doit être
déposé à la mi-août, pour un examen en commission spéciale fin septembre
ou début octobre, sous procédure accélérée(41). Entre le dépôt de la
proposition initiale et le début programmé de son examen, il se sera
donc écoulé près de 10 mois — sur un texte dont l’exposé des motifs
rappelle pourtant que 94 % des affaires de viol étaient classées sans
suite en 2021, et que les plaintes pour viol sur majeures ont triplé
entre 2016 et 2024 sans que les condamnations n’augmentent dans les
mêmes proportions(42).

Une
loi qui protège un enfant, pas forcément ses frères et sœurs

Un dernier exemple, plus technique, montre que même les lois déjà
votées peinent à produire l’effet escompté. La loi du 18 mars 2024, déjà
citée dans cet article, rend automatique le retrait de l’autorité
parentale d’un parent condamné pour crime ou agression sexuelle
incestueuse sur son enfant. Un arrêt de la Cour de cassation du 4 mars
2026 vient pourtant rappeler les limites du dispositif : un homme
condamné pour des viols incestueux commis sur la fille de sa compagne —
non son enfant biologique — ne relève pas nécessairement du même
mécanisme automatique s’agissant de l’autorité qu’il exerce sur ses
propres enfants(43). La loi protège l’enfant directement visé ; elle ne
protège pas nécessairement les autres enfants du foyer, dans une
configuration familiale pourtant loin d’être rare.

Un texte qui
grossit au rythme des scandales

Fin mai 2026, un projet de loi relatif à la protection de l’enfance
est présenté en conseil des ministres — un texte centré, à l’origine,
sur la seule crise de l’aide sociale à l’enfance. Il est élargi une
première fois, en cours d’examen, après les révélations de violences
sexuelles dans le périscolaire parisien. Il est élargi une seconde fois
après le meurtre de Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte le 4 juin 2026 dans
le Gers : le gouvernement y ajoute, par lettre rectificative, la
réclusion criminelle à perpétuité pour les violeurs en série de mineurs
de moins de 15 ans(44). Un texte qui grossit au rythme des meurtres, pas
au rythme d’une doctrine.

La
revue nationale des plaintes : 85 000 dossiers, 924 incarcérations

Ce même Gérald Darmanin, on l’a vu plus haut, savait déjà : un
rapport remis 3 ans plus tôt, en juin 2023, alors qu’il était encore
ministre de l’Intérieur, documentait déjà que les contentieux les moins
visibles, dont les violences sur enfants, étaient délaissés. Il l’avait
gardé confidentiel. Le 8 juin 2026, le ministre de la Justice réunit les
36 procureurs généraux et leur demande une revue exhaustive des
procédures en cours pour infractions sexuelles sur mineurs. Le bilan,
publié mi-juillet, est vertigineux : 85 047 plaintes recensées, 82 % du
stock national réexaminé. Et dans 83,5 % des affaires, l’auteur est déjà
identifié(45). Retenez ce chiffre. Le problème n’est pas qu’on ne sait
pas qui a fait quoi. Le problème, c’est qu’on le sait et qu’on ne fait
rien. À La Réunion et à Mayotte, où plus de 1 050 dossiers ont été
réexaminés, la procureure générale Fabienne Atzori parle d’« un travail
monumental », impliquant une « remise en cause » des décisions
passées(46). Remettre en cause ses propres décisions : c’est une autre
façon de dire qu’on s’était trompé, et qu’on le savait.

Le 28 juillet 2026, le ministère de la Justice publie les premiers
résultats concrets de cette revue : 924 personnes incarcérées depuis son
lancement — une hausse de 134 % par rapport à la normale — et 1 753
informations judiciaires ouvertes, en hausse de 271 % sur la même
période l’année précédente. Le ministère ne précise pas la part de
détentions provisoires et celle de condamnations définitives(47). Mais
le mouvement, à lui seul, dit quelque chose : il a suffi de regarder
pour que les chiffres s’envolent. Ce n’était donc pas une question de
dossiers introuvables. C’était une question de regard qu’on ne posait
pas.

Rejeté, puis
rétabli : le vote de la perpétuité

Le texte, désormais structuré en 3 volets, connaît un rebondissement
qui aurait pu sortir d’un vaudeville, si le sujet n’était pas celui-là.
Le 17 juillet 2026, l’Assemblée nationale rejette
l’article instaurant la perpétuité pour les viols en série sur mineurs
de moins de 15 ans — 41 voix contre 37, dans un hémicycle aux 3 quarts
vide, grâce à la mobilisation de la gauche. Le week-end qui suit est
dominé par la polémique : le Rassemblement national et une partie du
bloc central accusent la gauche de complaisance envers les pédocriminels
; la gauche dénonce un « populisme pénal » et pointe des rangs
macronistes désertés au moment du vote. Chaque camp accuse l’autre
d’avoir laissé faire — et sur ce point précis, les 2 ont raison :
personne n’était en nombre suffisant dans l’hémicycle ce jour-là. Le
gouvernement demande une seconde délibération — le même outil,
exactement, que celui utilisé en 2010 pour liquider le Défenseur des
enfants en une nuit. Cette fois, il sert à sauver une mesure plutôt qu’à
en tuer une, mais la mécanique est identique : quand un vote ne convient
pas, on revote. Le 21 juillet, les députés rétablissent l’article rejeté
4 jours plus tôt(48). Le même jour, ils adoptent un amendement sur
l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs — une mesure proposée et
rejetée au moins 3 fois depuis 2021(49). Il aura donc fallu 5 ans, et le
corps d’une fillette de 11 ans dans un champ du Gers, pour qu’un
amendement déjà écrit en 2021 finisse par passer. Le texte est adopté
par 378 voix contre 7, avec 173 abstentions — dont 41 députés qui
avaient voté contre la perpétuité quelques jours plus tôt(50). Direction
le Sénat, à l’automne. Adoption définitive espérée début 2027. 2 ans,
pour un texte parti d’un simple projet de loi sur l’aide sociale à
l’enfance.

Sur ce terrain, la France n’est pas seule : le Royaume-Uni, avec
l’affaire Jimmy Savile, et la Belgique, avec sa commission d’enquête
fédérale de 2024, ont connu des trajectoires institutionnelles très
comparables — un scandale médiatique qui précède et déclenche la réponse
politique, jamais l’inverse(51).

Quand
le système protège l’agresseur plutôt que la victime

Luc Tangorre

Un autre mécanisme, plus retors : la protection collective, sociale
ou institutionnelle, accordée à l’agresseur au détriment de ses
victimes. Luc Tangorre, condamné une première fois en
1983 pour une dizaine de viols à Marseille, bénéficie dès 1982 d’un
comité de soutien d’un millier de personnes — élus de droite comme de
gauche, l’historien Pierre Vidal-Naquet — clamant son innocence. Il est
pourtant condamné 2 fois encore, en 1992 puis en 2019, cette dernière
fois pour des agressions sur des fillettes(52). Un millier de personnes,
2 fois trompées.

Valérie Bacot

L’inverse existe aussi : la victime qui se retourne contre son
bourreau après des années de silence social. Daniel Polette viole
Valérie Bacot pour la première fois quand elle a 12
ans. Il devient ensuite son mari, la contraint à la prostitution pendant
24 ans. Il avait déjà été condamné en 1995 pour inceste sur la sœur de
Valérie — une condamnation connue de son entourage, qui n’en tire aucune
conséquence : à Digoin, on savait, et on n’a rien changé à ses habitudes
de voisinage. Bacot le tue en 2016. Elle est condamnée en 2021 à une
peine largement couverte par le sursis, à l’issue d’un procès qui
suscite une pétition de soutien signée par plus de 500 000
personnes(53). La société qui n’avait rien vu venir pendant 24 ans a
fini par la comprendre en un procès.

Un
contrepoids nécessaire : quand le système réagit trop vite

Cette accumulation de constats d’inaction appelle une précaution
méthodologique, faute de quoi la démonstration serait incomplète — et
malhonnête. Le risque documenté ici n’est pas à sens unique.

En 2001, à Outreau, une information judiciaire met en cause 18
personnes pour un réseau pédocriminel présumé. L’affaire naît d’une
parole vraie : les enfants du couple Delay-Badaoui révèlent les sévices
subis de la part de leurs propres parents, qui avouent les faits les
concernant directement. Mais l’instruction dérape dans son traitement de
l’extension des accusations : dépositions de suspects révélées à
d’autres au lieu d’être vérifiées indépendamment, secret de
l’instruction violé, expertises sur la parole des enfants écartées à
l’audience. En 2004, Myriam Badaoui reconnaît avoir menti sur
l’implication d’autres adultes. Le procès en appel de 2005 se solde par
13 acquittements, dont plusieurs personnes ayant passé des années en
détention provisoire pour des faits qu’elles n’avaient jamais commis.
Jacques Chirac présente des excuses publiques aux victimes de cette
erreur judiciaire(54).

Contrairement à la plupart des scandales documentés dans cet article,
celui-ci débouche sur une action rapide et suivie d’effet : 80
propositions votées à l’unanimité par une commission d’enquête
parlementaire, traduites dès 2007 dans une loi renforçant les garanties
procédurales. Mais l’effet dépasse largement le seul cadre judiciaire :
une analyse de la Chancellerie documente, entre 2005 et 2016, une baisse
de 40 % des condamnations pour viol et agression sexuelle, les exigences
de preuve étant devenues sensiblement plus strictes après
Outreau(55).

Ce chiffre est le pivot exact de cet article. Il rappelle qu’une
partie de la prudence institutionnelle documentée par ailleurs comme «
inaction » peut aussi être l’héritage légitime d’un traumatisme
judiciaire réel, et non la seule marque d’une mauvaise volonté
politique. Le sujet est difficile précisément parce que le risque existe
dans les 2 sens : sous-réagir laisse des enfants sans protection ;
sur-réagir sur une parole non vérifiée peut détruire des innocents.
C’est dans cette tension, jamais résolue une fois pour toutes, que doit
se penser toute réponse institutionnelle.

V.
Affaires de pédocriminalité en France : cas individuels et réseaux
organisés

Des noms, des
dates : quand l’institution savait déjà

L’inaction documentée plus haut n’est pas qu’une affaire de rapports
et de commissions. Elle a un visage, une date, souvent un document
précis qui prouve que quelqu’un savait avant que le scandale
n’éclate.

Les affaires individuelles

Les Ballets roses (1959)

Le scandale éclate le 10 janvier 1959 : Le Monde annonce, en quelques
lignes, l’arrestation d’un homme se faisant passer pour un policier. Il
s’appelle Pierre Sorlut, ancien chauffeur des services secrets, sans
emploi officiel. Il repère des adolescentes de 14 à 20 ans et leur
promet, grâce à ses relations, une carrière à l’Opéra ou au cinéma — en
échange de leur « docilité » envers des messieurs âgés et fortunés.
Fournies en alcool et en marijuana, elles exécutent devant ces messieurs
des spectacles érotiques, les fameux « ballets » qui donnent son nom à
l’affaire, chorégraphiés en partie par la maîtresse de l’un des
participants. Les soirées se tiennent en plusieurs lieux, dont le
pavillon du Butard — un pavillon de chasse mis à la disposition d’un
seul homme : André Le Troquer, alors président de l’Assemblée nationale,
73 ans, résistant décoré, ancien avocat de Léon Blum, ancien ministre du
général de Gaulle à la Libération. Quand la presse relie enfin son nom
au scandale, Le Troquer publie un démenti public « sans réserve,
catégorique, absolu » — ce qui ne fait qu’attiser la curiosité des
journaux. 22 des 23 prévenus sont condamnés en 1960. Sorlut,
l’organisateur, écope de 5 ans de prison ferme. Le Troquer, lui, s’en
tire avec une peine avec sursis, rapidement amnistiée — le tribunal ne
lui tenant rigueur ni du mensonge public, ni du reste. Le chauffeur va
en prison ; le président de l’Assemblée rentre chez lui. L’écrivain
Benoît Duteurtre, auteur d’un livre sur cette affaire des
Ballets roses
, la résume d’une phrase : « elle montre comment
la justice a minimisé le détournement de mineur(56). » Contrairement à
Outreau ou à la CIIVISE, cette affaire ne débouche sur
aucune réforme institutionnelle. Le degré zéro de la réponse publique —
encore aujourd’hui le point de comparaison le plus ancien dont on
dispose.

Bernard Preynat (1971-2020)

Bernard Preynat, prêtre du diocèse de Lyon, agresse
sexuellement plusieurs dizaines d’enfants scouts entre 1971 et 1991 — un
des avocats des parties civiles évoque, au procès, entre 3 000 et 4 000
agressions. La hiérarchie savait. Au début des années 2000, Preynat
évoque lui-même son comportement à son supérieur, qui n’en tire aucune
conséquence. Informé de rumeurs en 2007, son supérieur obtient sa
reconnaissance des faits — puis lui délègue l’animation de 3 paroisses
jusqu’en 2015, et le nomme à la tête d’un des doyennés du diocèse en
2011. On savait, et on l’a promu. Preynat n’est condamné qu’en 2020, à 5
ans de prison ferme, pour des faits vieux de plusieurs décennies(57). Un
cas différent, dès 2001, avait pourtant déjà abouti à une condamnation
d’un tiers pour non-dénonciation : l’évêque de Bayeux et Lisieux, Pierre
Pican, jugé coupable de n’avoir pas signalé les agissements d’un prêtre
de son diocèse(58). La leçon existait depuis 20 ans. Elle n’a pas
empêché la suite.

Joël Le Scouarnec (1989-2025)

Le cas le plus vertigineux reste peut-être celui du chirurgien
Joël Le Scouarnec, jugé en 2025 devant la cour
criminelle du Morbihan pour des faits commis sur 299 victimes, en
majorité des enfants, entre 1989 et 2014, dans une douzaine d’hôpitaux.
Le Scouarnec avait déjà été condamné en 2005 pour détention d’images
pédopornographiques — 20 ans avant son procès pour les viols eux-mêmes.
20 ans pendant lesquels il continue d’exercer, sans le moindre contrôle,
sans la moindre alerte de ses collègues(59). Une information judiciaire
distincte, ouverte contre X pour non-empêchement de crime, cherche
aujourd’hui à établir qui, dans son entourage professionnel, aurait pu
savoir.

Patrick Font (1994-1998)

Patrick Font, chansonnier et ancien instituteur,
fonde en 1994 une école de formation au spectacle. En 1996, il est
poursuivi par les familles de 12 élèves mineurs pour des attouchements.
Il reconnaît la plupart des faits à l’audience, sans grande cérémonie :
« je me suis laissé emporter par le torrent », dira-t-il pour résumer 12
victimes. Condamné en 1998 à 6 ans de prison(60). Un torrent, ça n’a pas
de responsable — c’est bien pour ça qu’il a choisi cette image.

Marcel Lechien (1996-2001)

À Cormeilles dans l’Eure, l’instituteur Marcel
Lechien
— également adjoint au maire du village voisin — est
condamné à 15 ans de réclusion pour des viols et agressions commis sur
des enfants de 6 à 8 ans. La chronologie du procès donne froid dans le
dos. Dès 1996, 2 signalements de parents parviennent à la directrice de
l’école. Elle classe l’affaire avec pour seul commentaire : « on n’est
pas à la télé ! » L’Inspection d’académie qualifie les faits de « simple
contact accidentel de l’entrecuisse ». Une nouvelle alerte en 2000,
portée par une jeune fille de 17 ans auprès de plusieurs médecins, reste
sans suite. L’affaire n’éclate qu’en 2001, quand un écrivain, alerté par
2 mères de famille, conduit lui-même Lechien à la gendarmerie(61).
Signalement, classement, minimisation, nouvelle alerte ignorée,
révélation par un tiers extérieur au système : la chaîne complète de la
dissimulation institutionnelle, documentée pièce par pièce, sur 5
ans.

« Le papy du quartier »
(2015-2021)

Un exemple plus modeste dans son ampleur, mais tout aussi net dans
son mécanisme, mérite d’être cité pour sa date récente. En 2015, un
signalement pour agressions sexuelles sur mineurs parvient à la justice,
visant un septuagénaire qu’un quartier entier surnommait « le
papy du quartier »
. L’enquête est classée, puis laissée en
jachère pendant près de 6 ans. 6 années durant lesquelles l’accusé
continue d’agir : 8 victimes seront finalement recensées(62). Un
signalement existait, daté, enregistré. Il n’a simplement pas été suivi.
Un dossier oublié dans un tiroir, pas un dossier perdu — la nuance a son
importance.

6 affaires, 6 secteurs différents — politique, éducation, santé,
protection de l’enfance, spectacle, encadrement religieux. Le même
schéma s’y répète : un premier signal existait ; il n’a pas été relié à
ce qui a suivi.

Le collège Liberté
d’Annezin (2025-2026)

Vous pensez peut-être que tout ceci appartient au passé. Voici ce qui
s’est passé, pendant que cet article était en cours d’écriture. Le 24
juillet 2026, le parquet de Béthune confirme la mise en examen d’un
surveillant de 24 ans du collège Liberté d’Annezin,
pour viol et agression sexuelle sur 2 élèves de moins de 15 ans. Les
faits présumés se sont déroulés sur toute l’année scolaire écoulée, de
septembre 2025 à juin 2026(63). Une année entière, dans un établissement
scolaire, avant qu’un signalement ne remonte. Ce n’est pas un cas isolé
qu’on referme. C’est le prochain paragraphe de cet article, écrit en
temps réel.

L’ampleur
invisible : quand l’inceste dure des décennies

Lydia Gouardo (1971-1999)

Le cas le plus extrême documenté en France reste celui de
Lydia Gouardo, séquestrée, violée et torturée par son
père légal — en réalité son demi-frère biologique — pendant 28 ans, de
1971 à 1999, dans un pavillon de Seine-et-Marne. La presse la compare au
cas autrichien de Josef Fritzl(64). 28 ans durant lesquels aucun des
dispositifs documentés dans cet article n’a pu, par construction,
l’atteindre. Rien de tout cela ne se passait hors du foyer familial.

Cécile Bloch (1986-2021)

Un autre type d’invisibilité : l’affaire Cécile
Bloch
. La fillette de 11 ans est violée et tuée à Paris en 1986
par un agresseur surnommé « le Grêlé », qui échappe à toute
identification pendant plus de 35 ans, malgré des traces ADN disponibles
dès l’époque. En 2021, l’ADN finit par le confondre : un ancien gendarme
et policier, qui se suicide la veille de son arrestation(65).
L’agresseur appartenait à l’institution chargée de le rechercher. Il a
fallu 35 ans pour que la police attrape l’un des siens.

Le
secteur médiatique : notoriété et absence de conséquence
professionnelle

Jérôme Carrein (1975-1977)

Un cas ancien, par sa gravité et par son issue, donne la mesure du
phénomène. Jérôme Carrein, condamné pour l’enlèvement
et le meurtre d’une fillette de 8 ans en 1975, est l’un des tout
derniers condamnés guillotinés en France, en 1977 — 3 mois avant la
dernière exécution du pays(66). 2 ans plus tard, en 1979, un lecteur de
Libération publie une lettre de soutien à un homme arrêté pour
détention de films pédopornographiques, dans le courrier des lecteurs du
journal(67). Un journal, un lecteur, une lettre publiée sans problème —
la tolérance médiatique documentée au chapitre précédent, prise sur le
fait.

Quesada,
Morandini, Gazzano, Brunel : la notoriété sans conséquence

D’autres affaires interrogent le lien entre exposition publique et
responsabilité — ou plutôt son absence, avec une belle constance.
Christian Quesada, ancienne vedette du jeu télévisé
Les 12 Coups de midi, est condamné en 2020 à 3 ans de prison
pour détention et diffusion d’images pédopornographiques(68).
Jean-Marc Morandini, animateur de télévision depuis les
années 1980, est définitivement condamné en janvier 2026 par la Cour de
cassation pour corruption de mineurs, sur des faits remontant à 2009. Sa
chaîne annonce le maintenir à l’antenne — le jour même de sa
condamnation définitive : le service juridique a dû faire vite(69). Un
journaliste de France 24, Christophe Gazzano, est
incarcéré pour des agressions sexuelles présumées sur mineurs, des
fichiers pédopornographiques ayant été retrouvés à son domicile(70).
Jean-Luc Brunel, agent de mannequins proche de Jeffrey
Epstein, est mis en examen pour viol sur mineur fin 2020 ; il se pend
dans sa cellule en février 2022, éteignant l’action publique avant tout
procès — la mort comme ultime stratégie de défense, la seule qui ait
fonctionné(71).

Marc Pulvar (accusation
posthume)

Enfin, une affaire posthume mérite d’être mentionnée — avec la
prudence qu’elle impose. En février 2021, 3 femmes de la famille de
Marc Pulvar, figure historique du syndicalisme
martiniquais mort en 2008, publient une tribune l’accusant de
pédocriminalité subie durant leur enfance. Aucune condamnation n’a été
ni ne pourra être prononcée. C’est une accusation posthume, jamais
tranchée par la justice(72). On ne juge pas les morts. Mais on peut, à
tout le moins, écouter ce que les vivants ont à en dire.

Les réseaux :
quand l’ampleur dépasse le cas isolé

Certaines affaires ne se limitent pas à un agresseur. Elles révèlent
des réseaux structurés, où la responsabilité individuelle se double
d’une défaillance collective de détection.

L’affaire
Dugué : un réseau ancien, jamais surveillé après coup (1979-2002)

Le Monde qualifiait déjà l’affaire, en février 1979, de
premier « réseau » pédophile identifié en France(73) : Jacques
Dugué
, représentant en articles de sport installé à Saint-Ouen,
organisait des séances photo avec des enfants de milieux modestes, dont
les clichés partaient ensuite aux Pays-Bas et au Danemark. Condamné une
première fois en novembre 1981 à 6 ans de prison, il ressort en 1983
sans le moindre suivi psychologique — la justice jugeant inutile
d’imposer un contrôle à un homme qui refuse de reconnaître la gravité
des faits et se dit « persuadé de bien faire avec les enfants ». Il
récidive aussitôt dans une cité HLM de Bordeaux, avec une dizaine
d’enfants de familles immigrées. Le 9 octobre 1990, la cour d’assises de
la Gironde le condamne à 8 ans d’emprisonnement. Là encore, aucun suivi
n’est ordonné. En 2001, une enquête néerlandaise sur un CD-ROM saisi aux
Pays-Bas — 8 500 documents pédosexuels — remonte jusqu’à lui : les
enquêteurs découvrent qu’il fréquente assidûment, depuis des années, les
2 fils d’une de ses victimes des années 1970, installé à Chambéry où il
se fait appeler « papy Jacques » et emmène les enfants au ski en
l’absence des parents. Les 2 garçons, âgés de 10 et 15 ans, révèlent
alors avoir été abusés. En février 2002, la cour d’assises de Savoie le
condamne à 30 ans de réclusion criminelle(74). 3 condamnations en 20
ans, jamais un suivi entre 2 : la démonstration presque clinique de ce
que coûte l’absence du quatrième levier décrit plus loin dans cet
article — traiter l’attirance avant, ou du moins surveiller après.

L’affaire du Coral (1982)

Un an après la première condamnation de Jacques Dugué,
l’affaire du Coral — un « lieu de vie » communautaire
du Gard dirigé par l’éducateur Claude Sigala — éclate en 1982 après la
plainte d’un ancien pensionnaire accusant « de nombreuses personnalités
politiques ou intellectuelles ». Aucune n’est jamais nommée par une
source fiable ; ça n’a pas empêché tout un folklore de circuler depuis,
sans jamais tenir devant un tribunal(75). Le procès de 1986 se solde par
7 condamnations et 3 relaxes.

L’affaire
Dutroux (Belgique, 1996) : des ramifications françaises jamais
tranchées

Un cas mérite d’être cité ici avec une prudence particulière, malgré
sa date ancienne, tant il illustre à quel point l’ampleur d’un réseau
peut dépasser les frontières. L’enlèvement, la séquestration et le
meurtre de plusieurs enfants par Marc Dutroux déclenchent, en Belgique,
une marche blanche rassemblant 350 000 personnes à Bruxelles en octobre
1996 — la plus grande mobilisation citoyenne belge du XXe siècle, née de
la conviction que l’État avait protégé des complices haut placés. Des
enquêteurs et journalistes belges, dans un ouvrage de référence publié
chez Flammarion en 2001, documentent des ramifications qu’ils qualifient
de françaises, slovaques et allemandes. Mais il faut le dire clairement
: contrairement au volet belge, aucune condamnation française
n’est jamais intervenue
sur ces ramifications alléguées. Il
s’agit d’allégations documentées par des journalistes d’investigation
reconnus, pas de faits tranchés par un tribunal — une nuance qui ne
retire rien à la gravité du dossier belge, mais qui interdit de
présenter le volet français comme établi(76).

L’opération
Cathédrale et le Wonderland Club (1998-2001)

Bien avant les procès Telegram et Orléans documentés plus loin dans
cet article, un premier coup de filet international donne déjà la mesure
de ce que la diffusion de masse allait devenir. Le 2 septembre 1998,
l’opération Cathédrale démantèle le Wonderland
Club
, un réseau structuré actif sur Internet depuis 4 à 5 ans :
1 500 agents de 13 pays — dont la France — interpellent simultanément
une centaine de suspects. Le club fonctionnait comme une confrérie
fermée : chaque candidat devait être recommandé par un membre existant
et fournir 10 000 images inédites en guise de droit d’entrée. L’enquête
met la main sur 750 000 images et 1 800 vidéos, mettant en scène plus de
1 200 enfants — dont 17 seulement seront un jour identifiés dans la
réalité. 6 membres se suicident après l’intervention policière. 7
membres britanniques sont condamnés en février 2001 — mais la peine
maximale prévue par le droit britannique de l’époque plafonne alors à 3
ans, si bien qu’aucune condamnation n’excède 30 mois. Le tollé qui suit
pousse le Royaume-Uni à durcir sa législation dès 2003, portant la peine
maximale à 10 ans. Presque 30 ans avant les affaires Telegram et
Orléans, la même leçon s’imposait déjà : le droit peinait à suivre
l’ampleur du phénomène qu’il découvrait(77).

Le réseau pédocriminel
d’Angers (1999-2005)

Un an après le démantèlement du Wonderland Club, un autre réseau
éclate en France : les abus commis au sein du réseau
pédocriminel d’Angers
débutent dès 1999, avant que l’enquête
n’éclate au grand jour en 2002. Le procès qui s’ouvre en 2005 — le plus
vaste jamais tenu aux assises françaises, 65 accusés, 45 enfants
victimes — aboutit à 62 condamnations, dont celles de parents et de
grands-parents des victimes elles-mêmes. L’enquête souligne, dans ses
propres termes, « les défaillances du suivi socio-judiciaire » —
plusieurs accusés étaient déjà connus pour des antécédents(78). En 2018,
13 ans après leur condamnation, 2 des frères jugés à Angers sont rejugés
à Nantes : l’un pour une nouvelle atteinte sexuelle sur un enfant de 4
ans, l’autre pour ne pas l’avoir dénoncé. Leur suivi socio-judiciaire
leur interdisait pourtant tout contact avec des mineurs(79).
Interdisait, sur le papier.

L’opération
Horus, ou la surveillance numérique construite entre 2 scandales
(2003-2020)

Entre l’opération Cathédrale et les coups de filet Telegram et
Orléans documentés plus loin dans cet article, la France construit
patiemment son propre appareil de détection, loin des projecteurs. Fin
2003, police et gendarmerie créent conjointement le Centre national
d’analyse des images pédopornographiques (CNAIP), chargé de constituer
une base de données commune des contenus saisis au fil des enquêtes(80).
Cette montée en puissance institutionnelle porte ses fruits près de 2
décennies plus tard : du 16 au 20 novembre 2020, l’opération
Horus, coordonnée par le Centre national de lutte
contre la criminalité numérique (C3N) avec l’appui d’Europol, mobilise
une cinquantaine de cyberenquêteurs issus d’une trentaine d’unités de
recherche. Ils recourent à l’enquête sous pseudonyme — une technique
encadrée par la loi qui les autorise à se faire passer pour des enfants
en ligne, sans inciter à l’infraction — pour identifier 14 suspects sur
l’ensemble du territoire. Plus de 1 000 contenus illicites sont saisis.
3 des personnes interpellées sont condamnées à de la prison ferme, 8
attendent leur jugement, 3 autres sont mises en examen(81). Une
opération modeste par le nombre, comparée aux coups de filet Telegram ou
Orléans qui suivront — mais elle documente, avec la précision d’un
rapport officiel, la mécanique même que les affaires plus tardives
mettront en œuvre à plus grande échelle : cyberpatrouille, entraide
européenne, analyse centralisée des images.

Le
cyber-pédocriminel de Frontenac (2012-2023)

Un autre cas illustre, mieux qu’aucun autre, la jonction entre les 2
fils de cet article — le réseau et l’inceste. Cantonnier dans
l’Entre-deux-Mers, en Gironde, un homme mène pendant 8 ans une double
vie : de 2012 à 2020, sous le pseudonyme « Kali », il alimente et
administre une dizaine de sites pédocriminels sur le darknet, devenant
l’une des 10 cibles prioritaires des polices spécialisées du monde
entier. Une imprudence technique lors du transfert d’une vidéo permet
enfin de remonter jusqu’à son adresse IP ; il est interpellé le 7
juillet 2020. Les enquêteurs découvrent chez lui des dizaines de
milliers de fichiers pédopornographiques — parmi lesquels des images de
ses 2 propres filles, âgées d’1 et 5 ans au moment des faits. Jugé à
huis clos par la cour d’assises de la Gironde fin novembre 2023, il est
condamné début décembre à 20 ans de réclusion criminelle — la peine
maximale prévue par la loi — pour cyberpédocriminalité et viols
incestueux sur ses 2 filles. Durant l’instruction, il déclare avoir
lui-même été violé enfant par un oncle ou un ami de la famille, et avoir
été témoin des agressions commises par son père sur sa sœur — un fait
qu’elle confirme aux enquêteurs. Le réseau qu’il animait en ligne et la
violence qu’il exerçait chez lui n’étaient pas 2 vies parallèles :
c’était la même main(82).

Le réseau Epstein à Paris
(2019-2026)

Jean-Luc Brunel, déjà cité plus haut dans cet
article, n’était pas un cas isolé : Paris constituait, pour Jeffrey
Epstein, un véritable levier stratégique en Europe, pas un simple
pied-à-terre. L’enquête française, ouverte en 2019, est classée en 2022
après la mort de Brunel dans sa cellule de la Santé. Elle reste fermée
jusqu’à la publication, en décembre 2025, de millions de pages
d’archives américaines — les « Epstein Files » — qui relancent tout : le
14 février 2026, le parquet de Paris ouvre 2 enquêtes-cadres distinctes,
l’une sur les violences sexuelles, l’autre sur les ramifications
financières, confiées à 5 magistrats sous l’autorité de la procureure
Laure Beccuau. Un nom nouveau émerge des archives : Daniel
Siad
, cité dans plus d’un millier de pièces du dossier Epstein,
accusé d’avoir recruté de jeunes femmes pour des soirées parisiennes —
dîners dans de grands restaurants, puis domiciles privés où les sévices
auraient eu lieu. Un mail de 2014, retrouvé dans les scellés, ne laisse
guère de doute sur la mécanique : « Je t’ai trouvé deux Suédoises, une
Slovaque, deux Françaises et la Russe. » Une première plaignante, une
ancienne mannequin suédoise, dépose plainte contre Siad le 10 février
2026, l’ayant reconnu dans les archives sans avoir jamais connu son
identité au moment des faits. 24 femmes se manifestent en quelques mois,
16 sont entendues par les enquêteurs. Puis, à la mi-juillet 2026, Daniel
Siad est retrouvé mort à son domicile près de Paris — éteignant l’action
publique le concernant personnellement, exactement comme la mort de
Brunel l’avait fait 5 ans plus tôt(83). 2 hommes clés du même réseau,
morts avant tout procès, à 5 ans d’écart. Un panel d’experts
indépendants de l’ONU évoque, la même année, l’existence possible d’une
« entreprise criminelle mondiale » derrière le réseau Epstein.

Le réseau ICQ (2022-2024)

Ouverte à l’été 2022, une enquête de la gendarmerie remonte un réseau
structuré autour de la messagerie russe ICQ. 6 hommes de 36 à 61 ans
sont mis en examen en février 2024 pour pédopornographie, dont l’un —
administrateur de 2 groupes d’échange — arrêté à Mons, en Belgique, en
coopération avec les autorités belges. Certains le sont aussi pour viols
sur mineur de moins de 15 ans et recours à la prostitution de mineurs.
L’enquête met au jour, chez chacun des membres, un mode opératoire
distinct mais rôdé : menaces, chantage, harcèlement, jusqu’à la
simulation de tentative de suicide, pour pousser un enfant à envoyer des
images ou à commettre un acte sexuel. Près d’1 million de photos et
vidéos sont retrouvées — 120 victimes mineures recensées, dont 22
identifiées en France(84).

Le réseau
pédocriminel d’Orléans (2022-2026)

Un autre procès, plus tardif dans son dénouement judiciaire mais
parti la même année que le réseau ICQ, donne la mesure de ce que
l’enquête numérique peut encore mettre au jour. Tout part d’une
infiltration de gendarmes sur les réseaux sociaux en 2022 : elle met au
jour plusieurs groupes utilisant des messageries chiffrées — ICQ,
Snapchat, Telegram — pour échanger des contenus pédopornographiques et
entrer en contact avec des mineures via des techniques de mise en
confiance, le « grooming ». 6 hommes sont interpellés. L’un se suicide
en détention provisoire. Un autre, arrêté en Belgique en état de
récidive en novembre 2023, est condamné début 2025 à 10 ans de prison.
Les 4 derniers comparaissent du 8 au 11 juin 2026 devant la cour
criminelle du Loiret, en pleine affaire Lyhanna — au point que la
défense s’inquiète elle-même, à l’audience, d’un climat trop chargé pour
un procès équitable. Le bilan de l’enquête donne le vertige : 930 000
fichiers pédopornographiques saisis, 120 victimes estimées, dont 21
identifiées en France, âgées de 3 à 15 ans. L’une d’elles a été violée
entre 3 et 6 ans, de 2019 à 2021, par un informaticien proche de ses
parents. Les 4 hommes sont condamnés à des peines de 6 à 16 ans de
prison, avec des périodes de sûreté et des suivis sociojudiciaires
courant jusqu’à 15 ans(85).

Une
routine, pas une exception : la cadence nationale des coups de filet
(2023-2025)

Beaucoup de ces affaires partagent un même biais de lecture : chacune
est présentée comme exceptionnelle. Les chiffres disent autre chose, et
le phénomène ne se limite à aucune région en particulier. Début décembre
2023, un coup de filet national interpelle 80 hommes dans 53
départements — du jamais vu par son ampleur, mais pas par sa nature :
une déléguée syndicale de la police, interrogée à cette occasion,
précise que ce type d’opération, plus modeste, se répète en réalité «
dix, vingt, trente, quarante, cinquante, soixante personnes d’un coup,
trois ou quatre fois par an »(86), à intervalles réguliers, dans
l’ensemble des zones de gendarmerie du territoire. Un exemple suffit à
l’illustrer sans en faire une exception : dans le Grand Est et en
Bourgogne-Franche-Comté, une première opération de mars 2023 — 17
interpellations — est suivie, moins de 2 ans plus tard, d’un second coup
de filet dans la même zone : 37 interpellations annoncées le 27 janvier
2025, un mois à peine après le démantèlement, ailleurs en France, d’un
autre réseau de diffusion actif sur la messagerie Signal. Plus d’1
million de fichiers pédopornographiques sont retrouvés dans cette seule
opération, avec, en prime, des armes et de la drogue saisies à 4
adresses perquisitionnées. Sur les 37 suspects, 32 sont déférés devant
la justice(87). D’autres zones du territoire connaissent, à d’autres
moments, des bilans comparables sans faire les mêmes titres. Ce n’est
donc pas l’exception qui devrait frapper le lecteur de cette liste.
C’est la cadence.

Le réseau Signal (2023-2024)

En novembre 2023, la perquisition du téléphone d’un homme des
Hauts-de-Seine, soupçonné de consultation habituelle d’images
pédopornographiques, révèle plusieurs groupes de discussion sur la
messagerie chiffrée Signal. L’enquête, confiée à la section de
recherches de Versailles avec l’appui de l’Unité nationale cyber,
s’étend sur plusieurs mois et permet d’identifier 95 participants
résidant en France, sur un forum regroupant plus de 16 000 utilisateurs
dans 130 pays et 200 téraoctets de contenus. Entre le 9 et le 19
décembre 2024, une opération coordonnée mobilise 570 enquêteurs, dont
140 spécialistes cyber de la gendarmerie, pour interpeller les 95
suspects français, âgés de 16 à 74 ans — un mineur figure parmi eux. 36
étaient déjà connus pour infractions sexuelles sur mineur, 7 déjà
inscrits au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. 375 000 photos
et 156 000 vidéos sont saisies, sur 122 ordinateurs, 330 supports
numériques et 152 smartphones — 217 téraoctets de données au total. Les
identités des 16 000 utilisateurs étrangers hors de France sont
transmises à Interpol(88).

Le
« club » de Loire-Atlantique et ses ramifications belges
(2024-2025)

En février 2025, avant même que n’éclate le scandale du périscolaire
parisien documenté plus loin dans cet article, l’Office des mineurs
révèle l’existence d’un réseau d’un genre inédit selon ses propres
termes : un « club » de pédocriminels organisant des viols en groupe,
filmés et diffusés sur le darknet, sur de très jeunes enfants — certains
dans un état de léthargie faisant peser un soupçon de soumission
chimique. L’enquête part de la diffusion de ces images au second
semestre 2024 et remonte jusqu’à un professionnel de la petite enfance
résidant en Loire-Atlantique, soupçonné d’avoir organisé le réseau en
profitant de son statut pour fournir de très jeunes victimes à des
complices venus de toute la France et de l’étranger, via des rendez-vous
fixés par messagerie cryptée. 5 suspects sont interpellés, dont un déjà
condamné en Belgique pour homicide et viols sur mineurs, arrêté sous
mandat d’arrêt européen et extradé. Une information judiciaire est
ouverte au tribunal judiciaire de Nantes pour viols sur mineurs, actes
de torture et de barbarie, et traite des êtres humains, le tout en bande
organisée. 4 victimes de moins de 5 ans sont identifiées à ce stade ;
les investigations se poursuivent sur d’éventuelles rencontres
antérieures à 2024(89).

Un réseau démantelé sur
Telegram (2025)

Plus près de nous, en mai 2025, une opération de l’Office des mineurs
démantèle un réseau pédocriminel actif sur Telegram : 55 hommes
interpellés dans 42 départements. Un prêtre, un professeur de musique,
un ambulancier, un militaire, plusieurs pères de famille(90). Aucune
sociologie type. C’est bien tout le problème.

Périscolaire
parisien : une concentration qui interroge, sans réseau prouvé
(2026)

Aucune source n’établit, à ce jour, de coordination entre les
dizaines d’animateurs mis en cause dans le scandale du périscolaire
parisien documenté par ailleurs dans cet article — le tableau qui s’en
dégage est celui d’une accumulation d’affaires individuelles et
dispersées à travers la capitale, pas celui d’un réseau organisé. Un
chiffre appelle malgré tout la prudence plutôt que la certitude, plutôt
qu’un déni de principe. À l’école maternelle Saint-Dominique, dans le 7e
arrondissement, 12 animateurs sont suspendus après la diffusion d’une
enquête de Cash Investigation fin janvier 2026, dont 7 pour des
faits à caractère sexuel. L’information judiciaire s’élargit à 2 écoles
voisines du même arrondissement — Rapp et La Rochefoucauld — et porte
sur l’audition de 44 enfants par la brigade de protection des mineurs :
une vingtaine sont reconnus victimes, une vingtaine d’autres voient leur
plainte écartée à ce stade, faute d’avoir nommé un agresseur. En mai
2026, 2 animateurs ayant exercé à Saint-Dominique, âgés de 44 et 52 ans,
sont écroués pour des violences à caractère sexuel visant une vingtaine
d’enfants ; une troisième personne est placée sous statut de témoin
assisté. 7 adultes visés par des soupçons à caractère sexuel dans un
seul établissement, sur quelques mois : la concentration est
suffisamment inhabituelle pour que la question d’une dynamique de groupe
se pose légitimement. Mais rien, à ce stade de l’instruction, ne permet
de la trancher — ni dans un sens, ni dans l’autre(91).

VI.
ASE et justice : le vrai coût de la protection de l’enfance en
France

L’aide
sociale à l’enfance et la justice : légiférer sans financer

Une bonne partie de l’inaction documentée plus haut se heurte, en
réalité, à des défaillances très concrètes de financement — en
particulier dans l’aide sociale à l’enfance, un secteur dont l’histoire
et le financement méritent qu’on s’y arrête, tant ils éclairent ce qui
précède.

Une histoire de
délégation, de 1904 à aujourd’hui

L’aide sociale à l’enfance naît en 1904, sous forme de services
départementaux. En 1956, l’Assistance publique devient l’ASE ; l’État la
gère alors via les DDASS, créées en 1964. Puis, en 1983, les lois de
décentralisation transfèrent la compétence aux départements — les DDASS
elles-mêmes disparaissent en 2010, remplacées par les Agences régionales
de santé pour le sanitaire et des directions de cohésion sociale pour le
social. C’est cette bascule de 1983 qui structure tout ce qui suit : la
protection de l’enfance reste, dans son principe, une mission d’ordre
public — ce que l’on appelle une fonction régalienne —, mais son
exercice concret a été confié aux collectivités locales, à charge pour
l’État de compenser financièrement ce transfert.

Un secteur public qui ne
recrute plus

Le département dispose, pour l’assumer, d’une filière dédiée de la
fonction publique territoriale — la filière médico-sociale, créée en
1984, avec 10 cadres d’emploi allant du médecin territorial à
l’éducateur de jeunes enfants. Mais cette filière peine structurellement
à recruter : contrairement à la fonction publique hospitalière, où un
diplôme d’État suffit à être embauché, la fonction publique territoriale
impose un concours pour les mêmes métiers — une question parlementaire
de 2004 le documentait déjà, notant que « certaines collectivités ne
sont plus en mesure d’assurer la continuité du service public faute de
personnel »(92). Faute de pouvoir recruter en interne, les départements
« habilitent » et délèguent : plus de 2 000 associations gèrent
aujourd’hui les foyers, les mesures éducatives en milieu ouvert, et
jusqu’aux enquêtes sociales ordonnées par les juges des enfants. Depuis
peu, ce secteur associatif étant lui-même sous tension, des acteurs
privés lucratifs — les agences d’intérim déjà citées, facturant jusqu’à
1 200 euros par jour — viennent combler ce que ni le public ni
l’associatif ne parviennent plus à couvrir seuls.

Le secteur associatif lui-même n’échappe pas à cette tension
salariale. La majorité des associations habilitées appliquent la
Convention collective nationale du 15 mars 1966 (dite « Convention 66
»), qui encadre les métiers de terrain — éducateurs spécialisés,
moniteurs-éducateurs, accompagnants éducatifs et sociaux — pour plus de
300 000 salariés en France. Sa valeur du point, qui sert de base au
calcul des salaires, est gelée depuis juillet 2022 à 3,93 euros, alors
que le SMIC a progressé de plus de 12 % sur la même période. Le résultat
est un tassement salarial documenté : des métiers qualifiés, exigeant
des diplômes d’État, rémunérés à peine au-dessus du salaire minimum. Les
organisations syndicales réclament un passage à 4,20 ou 4,30 euros pour
rétablir un écart cohérent avec le SMIC ; une fusion de cette convention
avec d’autres textes du secteur, engagée depuis 2021, n’a toujours pas
abouti en 2026(93). Fonction publique territoriale sous-recrutée,
secteur associatif aux salaires gelés : ce n’est pas un seul maillon qui
manque, c’est toute la chaîne.

L’État décentralise,
mais ne compense pas

Et la compensation financière promise par l’État à ses départements ?
Elle ne suit pas. La commission d’enquête parlementaire de 2025 le
chiffre sans détour : les dépenses totales de l’ASE ont augmenté de 61 %
depuis 1998, tandis que l’État ne participe qu’à hauteur de 3 % du
financement des 10 milliards d’euros dépensés chaque année pour la
protection de l’enfance. Le département du Nord, à lui seul, y a
consacré 680 millions d’euros l’an dernier — 20 % de son budget total,
contre 450 millions en 2018 — pour une compensation de l’État de
seulement 16 millions(94). Même le fonds spécifiquement créé par la loi
de 2007 pour compenser sa propre mise en œuvre, le Fonds national de
financement de la protection de l’enfance, a dû être réorienté, de 2015
à 2018, vers l’évaluation des mineurs non accompagnés — une autre
urgence légitime de la même enveloppe, mais la preuve que même l’argent
explicitement fléché ne suffit pas à couvrir les besoins qu’il était
censé couvrir(95).

Une loi de
refondation, promise puis abandonnée

Le rapport de la commission d’enquête Santiago-Miller, adopté à
l’unanimité le 1er avril 2025 après un an d’investigation et plus de 120
auditions, ne mâchait pas ses mots : « le système de la protection de
l’enfance en France était à bout de souffle hier, il est dans le gouffre
aujourd’hui. » Il devait déboucher sur un projet de loi de refondation
du secteur. Mi-février 2026, le gouvernement renonce à l’inscrire à son
agenda législatif. Un collectif transpartisan de parlementaires qualifie
ce renoncement d’« incompréhensible lorsqu’on connaît l’état de la
protection de l’enfance ». 304 900 mineurs et jeunes majeurs dépendent
pourtant de l’ASE au moment de la décision. Un mois plus tôt, la Caisse
des Dépôts avait bien annoncé un plan de 550 millions d’euros pour
soutenir le secteur — un geste réel, mais isolé, incapable de compenser
à lui seul des années de sous-investissement, et surtout pas un texte de
loi(96).

Le même sous-financement,
côté justice

Vouloir protéger les enfants sans allouer les moyens qui vont avec
est, très concrètement, impossible — et le même mécanisme se retrouve, à
l’identique, du côté de la justice. La France compte 3,2 procureurs pour
100 000 habitants, contre 11,2 en moyenne européenne ; il en manquerait
5 702 pour rattraper ce niveau(97). Le sénateur Antoine Lefèvre,
rapporteur spécial du budget 2026, le résume d’une phrase : « La justice
demeure la moins bien dotée des fonctions régaliennes de l’État, avec
moins de 2 % des ressources de l’État qui lui sont attribuées. »(98) Et
quand le budget augmente malgré tout, l’essentiel ne va pas aux
magistrats : sur les 1 600 postes créés au budget 2026, 855 sont fléchés
vers l’administration pénitentiaire, contre 628 pour les tribunaux(99).
Les prisons, elles, débordent quand même — 84 555 détenus en septembre
2025 pour 62 685 places opérationnelles, une densité de 135 %, et des
matelas au sol en hausse de 60 % en un an(100). Construire des prisons
sans recruter davantage de magistrats ne réduit ni les délais, ni la
récidive ; ça déplace seulement l’engorgement d’un bout de la chaîne à
l’autre.

Dans le Gers, département
de Lyhanna

Dans le Gers, département de Lyhanna, le parquet d’Auch n’a recruté
qu’un seul magistrat supplémentaire entre 2021 et 2025. Le suspect,
Jérôme Barella, avait déjà été visé par 2 plaintes pour viol sur mineure
— l’une classée sans suite en 2022, l’autre toujours en cours en 2025 —
sans jamais avoir été ni interpellé ni convoqué. Le 5 juin 2026, au
lendemain de la découverte du corps, le président Emmanuel Macron
tranche : « Je ne veux entendre aucun argument de moyens dans cette
affaire. […] C’est une question de réponse, de fermeté, d’organisation,
de responsabilité. »(101) 5 jours plus tard pourtant, interpellé au
Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu tient une ligne plus
nuancée : les dysfonctionnements révélés par l’affaire
Lyhanna
« n’ont rien à voir avec un problème de moyens »,
précise-t-il, tout en reconnaissant qu’il existe bien, plus largement, «
un sujet de moyens pour l’institution judiciaire »(102). Le même jour
que Macron, le secrétaire général de la CIIVISE, Denis Roth-Fichet,
formule la tension autrement : « Trop de priorités tuent les priorités.
On a une priorité sur le narcotrafic, sur le crime organisé… Faisons en
sorte que, s’agissant des enfants, ce soit la priorité. »(101) Les
chiffres qui précèdent, eux, ne tranchent pas — ils se contentent
d’exister.

L’affaire ne s’arrête pas à Jérôme Barella. Une semaine avant la
découverte du corps, son frère Yannick est mis en examen pour viol sur
conjointe. Et leur père, Joël Barella, 71 ans, est visé depuis 2013 par
la plainte d’une de ses petites-filles par alliance pour des viols et
agressions sexuelles subis entre 10 et 13 ans — classée par un non-lieu
en 2021, puis rouverte en juin 2026 par le parquet de Béziers après des
révélations de presse. Une seconde petite-fille l’accuse, en 2019,
d’agressions sexuelles ; sa plainte est classée sans suite faute de
preuves. Un père, 2 fils, dans le viseur de la justice pour des faits de
violence sexuelle ou domestique : un pédopsychiatre de l’hôpital
Avicenne, à Bobigny, rappelle que ces schémas « peuvent se transmettre
de génération en génération », devenant un fonctionnement familial connu
des enfants avant de devenir, pour certains, une norme
reproduite(103).

Une
conséquence documentée : la prostitution en foyer

Ce sous-financement chronique a une conséquence documentée, et
particulièrement grave : la prostitution des mineurs placés. Éric
Delemar, Défenseur des enfants, décrit des voitures de luxe stationnées
devant certains foyers de l’ASE — l’incursion directe de réseaux de
grand banditisme au cœur même des structures censées protéger les
mineurs. Dans les Alpes-Maritimes, 75 % des mineurs prostitués vivent en
foyer de l’ASE ; Marseille est identifiée par l’IGAS comme la ville la
plus touchée de France. À l’échelle nationale, environ 15 000 mineurs de
l’ASE seraient victimes de prostitution sur 340 000 jeunes suivis, l’âge
moyen d’entrée étant désormais de 11 à 14 ans. Certains foyers
deviennent des lieux de recrutement pour de jeunes proxénètes — la
moitié des adolescentes se prostituant seraient, selon un rapport
ministériel, sous protection de l’ASE. La commission d’enquête
parlementaire de 2025 relie explicitement les 2 faits : c’est le manque
de moyens — personnel intérimaire, foyers saturés, hébergement hôtelier
faute de place malgré son interdiction légale — qui rend l’ASE «
perméable à la prédation de proxénètes qui n’hésitent plus à recruter au
sein même des structures d’accueil »(104).

Le cas Cottineau

En 2024, Pierre-Alain Cottineau, assistant familial
agréé par l’ASE à Oudon, en Loire-Atlantique, torture et viole des
enfants de moins de 6 ans qui lui sont confiés — dont un nourrisson de 5
mois, le tout premier enfant que les services sociaux lui confient après
son agrément. Il est identifié par une vidéo pédocriminelle reconnue par
une école maternelle, 8 jours après sa diffusion par les
enquêteurs(105). Ici, ce n’est pas la parole de l’enfant qui a manqué —
un nourrisson ne parle pas — c’est l’agrément lui-même, censé filtrer en
amont, qui a échoué. Une enquête de StreetPress documente, plus
largement, la percée d’acteurs privés dans un secteur exsangue : un
groupe d’intérim facture jusqu’à 1 200 euros par jour pour la prise en
charge d’enfants dits « incasables », parfois placés dans des hôtels qui
ne respectent même pas les normes de sécurité(106). Lily avait 15 ans.
Elle met fin à ses jours après un placement isolé en hôtel, en janvier
2024 — son histoire a précédé et nourri la commission d’enquête
parlementaire de 2025 sur les manquements de la protection de
l’enfance(106).

Sous-financement chronique, recrutement à l’arrêt, compensation de
l’État qui ne suit pas : légiférer sans financer revient, très
concrètement, à écrire des droits que personne n’a les moyens de faire
respecter. C’est dans cette tension entre le texte et les moyens, jamais
résolue une fois pour toutes, que doit se penser toute réponse
institutionnelle — celle que la septième partie de cet article s’attache
maintenant à décrire.

VII.
Prévention des violences sexuelles sur mineurs : ce qui marche
vraiment

4
conditions cumulatives pour la protection institutionnelle

Cette dernière partie ne prétend pas résoudre l’ensemble du
phénomène. Elle porte sur ce que la puissance publique peut organiser
via ses professionnels — école, accueils collectifs de mineurs,
secteur social et médico-social. Les 4 conditions qui suivent n’ont, par
construction, aucune prise sur la sphère intrafamiliale : on ne contrôle
pas l’honorabilité d’un parent, on n’organise pas structurellement une
cellule familiale comme un accueil collectif. 4 conditions non
substituables, chacune comblant ce que les autres ne peuvent
structurellement pas couvrir. Une seule d’entre elles, on le verra,
parvient malgré tout à franchir la frontière de la famille.

Écarter l’adulte
dangereux identifiable

Le premier levier est le plus ancien, le mieux documenté — c’est
celui qu’on a détaillé dans un article précédent consacré à l’animation
périscolaire(2). Depuis 1960, un dispositif de contrôle d’honorabilité
s’applique aux encadrants d’accueils collectifs de mineurs. Depuis 2012,
il est automatisé et croise 3 fichiers : casier judiciaire, fichier des
auteurs d’infractions sexuelles, liste administrative propre au secteur.
Plus d’1,8 million de vérifications par an.

Ce dispositif reste pourtant troué. Une enquête de Disclose, avec la
cellule investigation de Radio France, documente qu’au moins 152
personnes vulnérables ont subi des violences sexuelles depuis 2005 de la
part de chauffeurs de taxi, d’ambulance ou de car scolaire — des
professionnels au contact quotidien d’enfants ou de patients fragiles,
mais qui n’ont accès qu’au bulletin n°3 du casier judiciaire. Pas au
fichier des auteurs d’infractions sexuelles, contrairement aux
enseignants ou aux entraîneurs sportifs(107). Un angle mort, purement
administratif, que le rapport El Haïry de juillet 2026 propose de
corriger par un service unique de vérification, valable dans tous les
secteurs(4). Le rapport formule le principe avec une netteté rare pour
un texte administratif : « le contrôle ne serait plus organisé en
fonction du secteur d’activité, mais en fonction du public à protéger —
c’est-à-dire l’enfant, quel que soit le lieu où il est accueilli(4). »
Ce n’est pas un détail technique. C’est un changement complet de logique
: arrêter de découper la protection par métier, et la faire suivre
l’enfant partout où il va.

Permettre à l’enfant de
parler

Le second levier ne s’oppose pas au premier, il le complète — et
c’est le seul des 3 à dépasser le strict cadre institutionnel. C’est
précisément parce qu’un professionnel est lui-même contrôlé et digne de
confiance qu’il peut devenir le relais vers lequel un enfant se tourne
pour révéler une violence subie ailleurs. Y compris en famille.

La CIIVISE insiste sur un principe simple, mais qui contredit une
intuition répandue : le repérage par signe visible est insuffisant,
parce que toutes les victimes ne présentent pas les mêmes signes, avec
la même intensité. Il faut un mouvement actif de l’adulte vers l’enfant
— rappeler la loi, distinguer les bons et les mauvais secrets, garantir
qu’il sera cru et protégé. C’est l’objet du livret Mélissa et les
autres
, diffusé depuis 2022 à l’ensemble des professionnels de la
protection de l’enfance(108).

Ce principe n’a rien d’un raffinement pédagogique : c’est une course
contre une horloge que personne ne regarde. Seules 13 % des victimes de
violences sexuelles dans l’enfance en parlent au moment des faits ;
l’âge moyen de révélation, toutes affaires confondues, se situe entre 45
et 50 ans — bien après que la loi elle-même a fermé la porte, puisque le
délai de prescription, même porté à 30 ans après la majorité par la loi
de 2018, expire à 48 ans. Autrement dit : l’âge moyen où une victime
trouve enfin les mots dépasse, en moyenne, l’âge où sa parole a encore
une valeur judiciaire. Ce n’est pas un détail statistique, c’est le cœur
du problème que l’imprescriptibilité, votée en juillet 2026 et déjà
documentée plus haut dans cet article, tente justement de corriger. Sur
l’ensemble des victimes mineures de violences sexuelles, 19 % seulement
porteront un jour plainte — 12 % en cas d’inceste — et, une fois la
plainte déposée, une seule sur 6 aboutira à une condamnation pour
agression sexuelle, une sur 10 pour inceste. Au bout de la chaîne, moins
de 3 % des viols et agressions sexuelles commis chaque année sur des
enfants en France se soldent par une condamnation ; 1 % pour l’inceste.
Ce sont ces chiffres, plus que n’importe quel principe abstrait, qui
justifient qu’on écoute un enfant avant qu’il ne devienne, 40 ans plus
tard, une statistique de plus dans un rapport(109).

Organiser
structurellement les accueils

Le troisième levier déplace la focale de la personne vers le poste
lui-même. La chercheuse Anne-Marie McAlinden a théorisé le concept de «
grooming institutionnel » : au-delà de l’enfant, l’agresseur travaille
l’institution elle-même — collègues, hiérarchie, parents — pour se
rendre au-dessus de tout soupçon(110). La CIASE a documenté, pour le cas
spécifique de l’Église catholique, des mécanismes d’emprise
institutionnelle comparables : la sacralisation d’une figure d’autorité
rend cette dernière difficilement questionnable par le reste de
l’équipe(111). Transposé à n’importe quel accueil collectif : ce n’est
pas un statut sacerdotal qui protège l’agresseur, mais un statut
informel — l’animateur historique, celui que les enfants adorent, celui
qui n’a jamais de souci.

La question qui doit guider la conception d’un poste n’est pas «
comment repérer une personne malintentionnée avant de l’embaucher » —
l’exercice a ses limites, un entretien ne révèle jamais une intention
cachée — mais « comment structurer l’organisation pour que même une
personne malintentionnée dispose de très peu d’occasions d’agir ». C’est
un changement de logique complet : on ne cherche plus à deviner les
intentions d’un individu, on rend l’acte matériellement difficile,
quelle que soit la personne en poste.

La visibilité
permanente, sans exception

Le principe le plus ancien et le plus documenté est celui de
l’absence de moment seul à seul, non supervisé, entre un adulte et un
enfant. Ce n’est pas une interdiction de la relation individuelle — un
enfant a besoin, parfois, d’un temps d’écoute en tête-à-tête — mais une
exigence de visibilité : porte vitrée plutôt que pleine, entretien qui
se déroule dans un lieu de passage plutôt qu’un bureau fermé, présence
d’un tiers à portée de vue même sans portée d’oreille. Le rapport de
l’Inspection générale de la Ville de Paris le formulait déjà en 2015 :
aucun recoin fermé, aucun local sans visibilité croisée depuis un espace
commun(112). C’est une règle simple à énoncer, coûteuse à mettre en
œuvre — elle suppose de repenser l’architecture des locaux existants,
pas seulement d’ajouter une consigne orale.

La rotation des référents

Un enfant ne devrait jamais dépendre, de façon durable et exclusive,
d’un seul adulte référent pour l’ensemble de ses activités — habillage,
coucher, aide aux devoirs, activités individuelles. La rotation
régulière des adultes en charge d’un même enfant réduit mécaniquement le
temps disponible pour construire une relation d’emprise, et elle
complique la tâche d’un agresseur qui chercherait à isoler un enfant «
favori » sur la durée. Cette rotation doit être documentée — un planning
visible, archivé — pas seulement pratiquée de façon informelle, pour
qu’elle puisse être vérifiée a posteriori en cas de doute.

La
règle des contacts numériques, écrite et connue de tous

Aucun contact hors structure — numéro de téléphone personnel, réseaux
sociaux, messagerie privée — entre un encadrant et un enfant qui lui est
confié, sans en informer immédiatement la hiérarchie et, si possible,
les parents. Cette règle doit être écrite dans le règlement intérieur,
signée par chaque professionnel à l’embauche, et surtout connue des
enfants eux-mêmes et de leurs familles : un enfant qui sait qu’un
contact privé avec un animateur est anormal peut en parler, alors qu’un
enfant qui l’ignore ne le signalera jamais, même s’il en est mal à
l’aise.

La période
probatoire à double encadrement

Les premières semaines d’un nouvel encadrant ne devraient jamais se
dérouler en autonomie complète : un professionnel déjà en poste depuis
plus longtemps reste présent ou disponible à proximité immédiate, non
pour surveiller un soupçon précis, mais parce que c’est structurellement
le moment où une pratique problématique, si elle existe, a le plus de
chances d’être repérée par un collègue avant de s’installer dans la
durée.

Le
renversement de la charge de la preuve informelle

Dans une organisation qui fonctionne bien, ce n’est pas à l’enfant de
justifier pourquoi il ne veut pas rester seul avec tel adulte — c’est à
l’adulte de justifier, si la question se pose, pourquoi une situation
d’isolement s’est produite. Ce renversement suppose une culture d’équipe
où signaler une pratique inhabituelle d’un collègue — pas une
accusation, un simple constat — n’est pas perçu comme une trahison, mais
comme un geste professionnel ordinaire. C’est précisément ce que
documentait, en creux, l’échec de l’affaire Lechien : la directrice qui
classe un signalement avec la remarque « on n’est pas à la télé ! »
incarne l’inverse exact de cette culture — un réflexe de minimisation
collective plutôt qu’un réflexe de vérification.

Les leviers concrets recommandés par les guides professionnels
(NSPCC, Farrer & Co) reprennent, presque terme à terme, ces mêmes
principes(113). Le rapport El Haïry de 2026 étend cette logique au
numérique lui-même, identifié comme un champ de violence à part
entière(4) : la même exigence de traçabilité et de visibilité s’applique
désormais aux échanges par messagerie, aux photographies prises pendant
les activités, à la diffusion d’images d’enfants sur les réseaux des
structures elles-mêmes.

Traiter l’attirance
avant le passage à l’acte

Le quatrième levier ne s’adresse plus à l’organisation, mais à
l’individu — avant qu’il ne devienne un agresseur. Le modèle allemand du
Projet de prévention Dunkelfeld, lancé à Berlin en 2005, propose un
accompagnement thérapeutique confidentiel aux personnes s’identifiant
elles-mêmes comme attirées par les enfants, avant tout acte(114). Le
rapport El Haïry en reprend explicitement la logique, en proposant de
renforcer le numéro STOP français — lancé en 2021 avec une subvention de
communication initiale jugée « dérisoire » par une parlementaire, de
seulement 20 000 euros(115). Le dispositif existe, et il fonctionne : en
2025, il a reçu 4 577 appels, dont 447 de plus de 5 minutes — 84 % de
premiers appels, 64 % de personnes appelant pour leur propre attirance
envers les enfants, les autres pour un proche(4). Un outil qui touche sa
cible, avec des moyens de communication jugés dérisoires. Il ne demande
qu’à être renforcé.

L’angle des mineurs auteurs

Un dernier chiffre déborde le cadre des 4 conditions précédentes,
toutes pensées pour s’appliquer à un adulte. 2 sources, 2 chiffres
proches mais distincts : selon la CIIVISE, citée dans le rapport El
Haïry de 2026, 30 % des auteurs de violences sexuelles sur mineurs sont
eux-mêmes mineurs(4) ; selon les statistiques judiciaires du ministère
de la Justice, la part des mineurs parmi les personnes effectivement
mises en cause devant la justice est passée de 38 % en 2017 à 42 % en
2024(116) — l’écart entre les 2 tient sans doute à ce que l’une mesure
une estimation globale du phénomène, l’autre uniquement les affaires qui
aboutissent devant un tribunal. Dans les 2 cas, l’ordre de grandeur est
le même : un tiers à 2 cinquièmes. Le rapport El Haïry précise un second
chiffre, plus important encore : 72 % des mineurs auteurs ont
eux-mêmes été victimes d’abus sexuels
(4). Le rapport remis en
2025 par la Fédération française des CRIAVS le rappelle sans détour :
ces jeunes auteurs sont, très souvent, d’anciennes victimes eux-mêmes.
Accompagnement et responsabilisation, pas seule réponse pénale(117). Le
psychiatre infanto-juvénile Emmanuel De Becker apporte une nuance
clinique précieuse : « ce n’est pas tant l’acte qui signe le
fonctionnement pathologique du sujet concerné que la manière dont
s’organise et se déploie sa personnalité(118). » Aucun des 4 leviers
précédents — contrôle d’honorabilité, écoute professionnelle, conception
du poste, traitement de l’attirance — n’a été pensé pour répondre à une
violence qui se joue entre pairs. Un chantier à part entière, que le
Groupe Miroir de la CIIVISE a lui-même désigné en 2025. Ce groupe, créé
en septembre 2024 avec le COFRADE, réunit 15 adolescents de 14 à 17 ans,
issus de 13 départements — une manière, pour la commission, de faire
remonter la parole des enfants eux-mêmes plutôt que celle des seuls
professionnels. Dans leur rapport de juin 2025, 23 recommandations à
l’appui, ces adolescents disent une chose simple et glaçante : ils ne
croient plus que les adultes sont capables de les protéger, et
s’organisent entre eux(119). La confiance a un trou, et les enfants le
comblent tout seuls.

Ce qui reste, malgré tout, à
faire

Ces 4 conditions supposent une doctrine claire : que chaque
professionnel de l’enfance se sache, et soit formé à se savoir, une
sentinelle possible de ce qui se passe hors des murs de son institution.
Ce n’est pas acquis. En avril 2026, Cash Investigation
documente les conditions de travail dégradées des animateurs
périscolaires parisiens. Un mois plus tard, une plainte pour
non-dénonciation vise l’équipe de l’émission elle-même, accusée d’avoir
conservé pendant 9 mois des images filmées en caméra cachée avant tout
signalement(120). Même un média dont la mission est de dénoncer les
dysfonctionnements se retrouve accusé du même manquement qu’il révélait.
Si eux n’y arrivent pas, qui ?

L’affaire Denis Mannechez, en 2012, montre où mène
l’échec de la condition la plus fondamentale des 4 : croire la parole de
l’enfant. Condamné une première fois pour avoir violé ses filles,
Mannechez voit sa peine réduite en appel après que l’une d’elles, sous
l’emprise familiale, se rétracte et parle de rapports « consentis ». Un
expert évoque, à l’audience, l’existence d’« incestes heureux ».
L’avocat des filles ce jour-là ? Éric Dupond-Moretti — garde des Sceaux
8 ans plus tard(121). Mannechez ressort de prison, reprend la vie
commune avec l’autre de ses filles. 2 ans plus tard, elle le quitte. Il
la tue.

Conclusion

Virginie Mannechez avait quitté son père. Cécile Bloch marchait vers
son école. Lydia Gouardo a eu 28 ans avant qu’on la retrouve. Lyhanna
avait 11 ans. Aucune de ces filles ne connaissait les autres. Chacune a
rencontré, à sa manière, le même mur : un adulte qui savait, ou aurait
pu savoir, et qui n’a pas agi à temps.

Ce mur n’a rien de mystérieux. Il se construit avec des matériaux
très ordinaires. Un signalement classé d’un revers de main. Un rapport
publié un an trop tard. Une commission déstabilisée au moment précis où
elle commençait à produire des effets. Un article de loi rejeté puis
revoté 4 jours plus tard, sous la pression de l’émotion publique plutôt
que d’une doctrine stable. Rien de tout cela ne relève de la fatalité.
Chaque maillon a un nom, une date, parfois un responsable qu’on peut
citer — c’est précisément ce qui rend la situation à la fois si
accablante et, en théorie, si réparable.

4 conditions permettent d’agir là où l’État a prise : écarter
l’adulte déjà identifié comme dangereux, donner aux professionnels les
moyens d’entendre ce qu’un enfant tente de dire, concevoir chaque poste
pour qu’il laisse le moins de place possible à l’isolement, traiter
l’attirance avant qu’elle ne devienne un passage à l’acte. Aucune n’est
sorcière. Aucune ne coûte, à l’échelle d’un pays, ce que coûte un seul
procès comme celui de Joël Le Scouarnec — ou une seule vie comme celle
de Lyhanna.

Mais ces 4 conditions ne suffiront jamais, seules, à couvrir
l’essentiel du problème. L’essentiel se joue à huis clos, là où aucune
loi ne peut entrer : la famille. C’est là que revient, en dernier
ressort, ce que 24 siècles de philosophie ont mis en mots avant nous,
chacun à sa façon. L’interdit ne protège que s’il est porté par
quelqu’un. Pas par un fichier. Pas par un rapport. Par un adulte,
n’importe lequel, qui a vu, entendu, ou douté — et qui choisit de ne pas
se taire.

Questions fréquentes

Pourquoi la majorité des violences sexuelles sur mineurs sont-elles commises dans le cadre familial ?

Parce que c’est là que l’accès à l’enfant est le plus constant et le moins surveillé. En France, 73 % des violences sexuelles sur mineurs sont commises dans un cadre familial, et dans 81 % des cas l’auteur est un proche de l’enfant — parent, beau-parent, grand-parent, frère ou sœur, oncle ou tante. Les dispositifs de contrôle existants (vérification d’honorabilité, formation des professionnels) s’appliquent aux institutions — école, accueils de loisirs, service social — mais n’ont aucune prise sur ce qui se passe à l’intérieur d’un foyer.

Depuis quand la France légifère-t-elle pour protéger les enfants contre les violences sexuelles ?

Depuis 1889, avec la loi Roussel qui remet en cause pour la première fois la toute-puissance paternelle au nom de la protection des enfants maltraités. Cent trente-sept ans de textes se sont accumulés depuis — jusqu’à la loi Billon (2021), la loi Taquet (2022) et les textes votés en 2026 après l’affaire Lyhanna — sans que le problème ne soit réglé.

Qu’est-ce que la CIIVISE et quelle est sa mission ?

La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants est créée en 2021, dans le sillage direct des révélations Matzneff et Duhamel. Entre 2021 et 2023, elle recueille 30 000 témoignages et publie un rapport de 756 pages formulant 82 recommandations. Sur les 17 jugées prioritaires, seules 3 sont réellement appliquées en 2026.

Pourquoi tant de lois contre les violences sexuelles sur mineurs restent-elles inefficaces ?

Parce qu’elles sont rarement accompagnées des moyens humains et financiers nécessaires à leur application. La loi Taquet de 2022, par exemple, interdisait l’hébergement des mineurs de l’aide sociale à l’enfance en hôtel — mais son décret d’application n’est publié qu’en 2024, vingt-deux jours après la mort d’une adolescente placée en hôtel depuis plusieurs mois. Le même sous-financement touche la justice : la France compte 3,2 procureurs pour 100 000 habitants, contre 11,2 en moyenne européenne.

Quel est le taux de plainte et de condamnation pour les violences sexuelles sur mineurs en France ?

Sur l’ensemble des victimes mineures, 19 % seulement porteront un jour plainte — 12 % en cas d’inceste. Une fois la plainte déposée, une seule sur six aboutira à une condamnation pour agression sexuelle, une sur dix pour inceste. Au bout de la chaîne, moins de 3 % des viols et agressions sexuelles commis chaque année sur des enfants en France se soldent par une condamnation ; 1 % pour l’inceste.

L’inceste entre cousins est-il reconnu par la loi française ?

Non, pas encore. Le droit pénal français exclut toujours les cousins de la définition légale de l’inceste, alors que 13 % des filles et 16 % des garçons victimes de violences incestueuses l’ont été par un cousin ou une cousine.

Que faire en cas de suspicion de violences sexuelles sur un enfant ?

Le 119 (Allô Enfance en Danger) est le numéro national d’urgence, actif depuis la loi Dorlhac de 1989. Les professionnels de l’enfance formés savent qu’un enfant qui parle doit être cru et protégé, sans attendre des signes visibles — toutes les victimes ne présentent pas les mêmes signaux. L’âge moyen auquel une victime trouve les mots pour en parler se situe entre 45 et 50 ans, bien après l’expiration du délai de prescription : c’est tout l’enjeu de l’imprescriptibilité votée en 2026.

Que faire si je me sens sexuellement attiré par les enfants ?

Il existe en France une ligne dédiée, avant tout passage à l’acte : le 0 806 23 10 63, dispositif STOP (Service téléphonique d’orientation et de prévention), confidentiel et non surtaxé. Mis en place par la Fédération française des CRIAVS et généralisé à toute la France en 2021, il oriente vers un accompagnement thérapeutique les personnes qui s’identifient elles-mêmes comme attirées par les enfants, sur le modèle du dispositif allemand Dunkelfeld. En 2025, il a reçu 4 577 appels, dont 64 % de personnes appelant pour leur propre attirance envers les enfants — un chiffre qui a triplé en cinq ans. Chercher de l’aide avant d’agir n’est pas un aveu de culpabilité : c’est, parmi les leviers de prévention documentés dans cet article, le seul qui s’adresse à la personne avant que la violence ne survienne.

Quels sont les leviers qui permettent réellement de protéger les enfants en institution ?

Quatre leviers, cumulatifs et non substituables : écarter l’adulte déjà identifié comme dangereux (contrôle d’honorabilité), donner aux professionnels les moyens d’entendre la parole d’un enfant, concevoir chaque poste pour limiter au maximum les situations d’isolement, et traiter l’attirance pour les mineurs avant tout passage à l’acte (numéro STOP). Aucun de ces leviers, en revanche, n’a de prise sur la sphère intrafamiliale.

Combien d’enfants sont concernés par les violences sexuelles chaque année en France ?

Environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. L’inceste, à lui seul, concernerait 6 millions de Français à l’échelle de leur vie — soit, ramené à une salle de classe, deux enfants par classe.

Sitographie

Sources philosophiques et
académiques

(6) Vernier, B. (2005). La prohibition des rapports
sexuels et matrimoniaux avec les proches parents et alliés. Pour une
théorie unitaire. Regards sociologiques, (30), 30-60. https://www.regards-sociologiques.fr/wp-content/uploads/2019/10/rs_30_2005_4_vernier.pdf

(7) Plutarque. Questions romaines, Question
289 D. https://remacle.org/bloodwolf/historiens/Plutarque/questionsromaines.htm

(8) Thomas d’Aquin. Somme théologique,
Supplément, question 58, art. 4. https://www.thomas-d-aquin.com/documents/files/(5-%20Somme%20Th%C3%A9ologique,%20suppl%C3%A9ment).pdf

(9) Flandrin, J.-L. (1984). Familles. Parenté,
maison, sexualité dans l’ancienne société
. Seuil. ISBN
2-02-000897-2.

(10) Actuel Moyen Âge. (2021, 28 janvier). Pas
de #MeTooInceste au Moyen Âge
. https://actuelmoyenage.wordpress.com

(11) Montesquieu. (1748). De l’esprit des
lois
, Livre XXVI, chapitre 14. https://fr.wikisource.org/wiki/De_l%E2%80%99esprit_des_lois_(%C3%A9d._Nourse)/Livre_26

(12) Diderot, D. (dir.). Encyclopédie,
article « Inceste », tome VIII. https://encyclopedie.uchicago.edu/node/171 ;
Méricam-Bourdet, M. (2016). L’inceste dans l’Encyclopédie.
Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, (51), 128-142. https://doi.org/10.4000/rde.5406

(13) Voltaire. (1771). Inceste. Dans
Dictionnaire philosophique (éd. Garnier, 1878). https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_philosophique/Garnier_(1878)/Inceste

(14) Freud, S. (1912-1913). Totem et tabou,
chapitre I : « La prohibition de l’inceste ». http://classiques.uqac.ca/classiques/freud_sigmund/totem_tabou/totem_et_tabou_SV.pdf

(15) Lévi-Strauss, C. (1949). Les structures
élémentaires de la parenté
. Presses universitaires de France. https://www.puf.com/content/Les_structures_%C3%A9l%C3%A9mentaires_de_la_parent%C3%A9

Textes
législatifs et réglementaires français

(22) Loi du 24 juillet 1889 relative à la
protection des enfants maltraités et moralement abandonnés
(loi
Roussel). https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000877360

(23) Sénat. Notice biographique Théophile Roussel.
https://www.senat.fr/senateur-3eme-republique/roussel_theophile0853r3.html
; Wikipédia, Théophile Roussel. https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Roussel

(24) Ministère de la Justice. (2026, février).
Le dispositif Alerte enlèvement a 20 ans. https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/dispositif-alerte-enlevement-20-ans
; Wikipédia. Dispositif Alerte-Enlèvement. https://fr.wikipedia.org/wiki/Dispositif_Alerte-Enl%C3%A8vement

(25) Assemblée nationale, question écrite n°283 (17e
législature). https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE283
; CNAPE. (2024, février). Trois décrets de la loi «Taquet» enfin
publiés
. https://www.cnape.fr/trois-decrets-de-la-loi-taquet-enfin-publies-un-atterrissage-maitrise/
; Décret n°2024-119 du 16 février 2024.

(26) Départements de France, communiqué (2024, 5
février) — la loi Taquet jugée « irréaliste et inapplicable dans les
conditions actuelles ». https://departements.fr/interdiction-des-prises-en-charge-de-mineurs-en-hotel-en-application-de-la-loi-taquet-une-bonne-intention-mais-helas-inapplicable-dans-les-conditions-actuelles/

(27) Conseil national de la protection de l’enfance
(CNPE), avis défavorable sur le décret n°2024-119 du 18 février 2024 —
cité dans Assemblée nationale, question écrite n°4839 (17e législature).
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE4839.pdf

(19) Loi n°2021-478 du 21 avril 2021 (loi
Billon). https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043403203

(40) Assemblée nationale. (2025, 14 octobre).
Proposition de loi n°1929. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b1929_proposition-loi.pdf

(42) Assemblée nationale. (2025, 2 décembre).
Proposition de loi n°2169. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2169_proposition-loi.pdf

(43) Esther, M. (2026). Village Justice,
sur Cass. crim., 4 mars 2026. https://www.village-justice.com/articles/violences-sexuelles-sur-mineurs-retrait-autorite-parentale-protection-enfant,57826.html

(92) Question écrite n°9943, Assemblée nationale,
12e législature (2004). https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/12/questions/QANR5L12QE9943.pdf

(115) Quatennens, A. Question écrite n°15995,
Assemblée nationale, 16e législature — financement du dispositif STOP
(subvention initiale de 20 000 € jugée « dérisoire »). https://questions.assemblee-nationale.fr/q16/16-15995QE.htm

Rapports
institutionnels, CIIVISE et gouvernement

(1) CIIVISE. (2023, 17 novembre). Violences
sexuelles faites aux enfants : on vous croit
. https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023 ; Face
à l’Inceste. (2025, 28 mars). Enquête inédite : des chiffres
alarmants sur les violences sexuelles subies par les enfants
. https://facealinceste.fr/blog/communiques/enquete-inedite-des-chiffres-alarmants-sur-les-violences-sexuelles-subies-par-les-enfants

(3) Assemblée nationale. (2021, 10-11 mars).
Amendement n°57 (Rect), M. Cinieri, citant la CIIVISE : « L’inceste
concerne 6 millions de Français, soit deux enfants par classe. » https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/amendements/3939/AN/57.pdf

(4) El Haïry, S. (2026, juillet). Pour une
protection intégrale des enfants
. Haut-commissariat à l’Enfance. https://solidarites.gouv.fr/sites/solidarite/files/2026-07/Pour-une-protection-int%C3%A9grale-des-enfants.pdf

(5) 116 000 Enfants Disparus / Fondation Droit
d’Enfance. (2026, 25 mai). Disparitions d’enfants : des signalements
en hausse de 6,4 % en 2025
(données du ministère de l’Intérieur).
https://www.116000enfantsdisparus.fr/2026/05/25/disparitions-denfants-des-signalements-en-hausse-de-64-en-2025/
; Assemblée nationale, question écrite n°4163, 17e législature (chiffres
2022-2023). https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE4163

(20) Wikipédia. Commission indépendante sur
l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE)
.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_ind%C3%A9pendante_sur_l%27inceste_et_les_violences_sexuelles_faites_aux_enfants

(21) « L’heure de la tolérance zéro a sonné »,
tribune collective (Muriel Salmona, Andréa Bescond, Sarah Abitbol et
autres), Libération, 10 février 2021 — citée dans Verdrager, P.
(2021). L’enfant interdit, chapitre 6. Armand Colin. https://shs.cairn.info/l-enfant-interdit–9782200630843-page-277

(29) Chevallier, J. (2011). Le Défenseur des droits
: unité ou diversité ? Revue française d’administration
publique
, 139(3), 433-445. https://doi.org/10.3917/rfap.139.0433

(33) IGÉSR. (2021, juillet). Rapport n°2021-149
— Éducation à la sexualité en milieu scolaire
. https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/286398_0.pdf

(34) Syndicat de la Magistrature. (2026, juin).
Violences sexuelles sur les enfants : un rapport accablant sous le sceau
du silence. https://www.syndicat-magistrature.fr/notre-action/independance-et-service-public-de-la-justice/police-judiciaire/communique-de-presse-violences-sexuelles-sur-les-enfants-un-rapport-accablant-sous-le-sceau-du-silence/

(35) Franceinfo. (2026, 8 août). Après l’affaire
Lyhanna, un courrier de Gérald Darmanin pointe les défaillances des
enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs
. https://www.franceinfo.fr/faits-divers/disparition-de-lyhanna-dans-le-gers/apres-l-affaire-lyhanna-un-courrier-de-gerald-darmanin-pointe-les-defaillances-des-enquetes-pour-violences-sexuelles-sur-mineurs_8139677.html
; Le Figaro. (2026, 8 août). Ce courrier de Darmanin qui pointe les
défaillances des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs
.
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/ce-courrier-de-darmanin-qui-pointe-les-defaillances-des-enquetes-sur-les-violences-sexuelles-sur-mineurs-20260808
; Franceinfo. (2026, 9 août). « Stock fantôme », documents perdus…
Comment expliquer que des dossiers de violences sexuelles sur mineurs
n’aient pas été transmis à la justice ?
. https://www.franceinfo.fr/faits-divers/disparition-de-lyhanna-dans-le-gers/stock-fantome-documents-perdus-comment-expliquer-que-des-dossiers-de-violences-sexuelles-sur-mineurs-n-aient-pas-ete-transmis-a-la-justice_8141738.html
; France 3 Centre-Val de Loire. (2026, 9 août). Affaire Lyhanna :
une quinzaine de dossiers de violences sexuelles sur des enfants «
purement et simplement perdus » à Bourges
. https://france3-regions.franceinfo.fr/centre-val-de-loire/cher/bourges/affaire-lyhanna-une-quinzaine-de-dossiers-de-violences-sexuelles-sur-des-enfants-purement-et-simplement-perdus-a-bourges-3398716.html

(30) Wikipédia. Commission indépendante sur
l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants

chronologie de la crise 2023-2024. https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_ind%C3%A9pendante_sur_l%27inceste_et_les_violences_sexuelles_faites_aux_enfants
; tribune « Inceste : la Ciivise change et nous sommes très inquiets »,
Libération, 4 janvier 2024.

(31) Le Média social. (2024, avril). La Ciivise
reprend avec quatre dirigeants
. https://www.lemediasocial.fr/la-ciivise-reprend-avec-quatre-dirigeants_ev2T7C
; France 24/AFP. (2025, 19 septembre). Inceste : nouveau départ à la
direction de la Ciivise
. https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20250919-inceste-nouveau-d%C3%A9part-%C3%A0-la-direction-de-la-ciivise

(32) CIIVISE. (2026, 15 juin). Bilan de mise en
œuvre des 82 recommandations
. https://www.ciivise.fr/le-bilan-de-mise-en-oeuvre-des-82-recommandations

(45) Ministère de la Justice. (2026, juillet).
Bilan de la revue des plaintes relatives aux violences sexuelles
commises sur des mineurs
. https://www.justice.gouv.fr/actualites/actualite/bilan-revue-plaintes-relatives-aux-violences-sexuelles-commises-mineurs

(94) Le JDD. Aide sociale à l’enfance : mais où vont
les 10 milliards d’euros ? https://www.lejdd.fr/Societe/aide-sociale-a-lenfance-mais-ou-vont-les-10-milliards-deuros-159763

(96) Le Monde Moderne. (2026, 8 juin).
Protection de l’enfance : le grand gâchis budgétaire. https://www.lemondemoderne.media/protection-de-lenfance-le-grand-gachis-budgetaire/
; L’Enfant Bleu. Crise de la protection de l’enfance. https://enfantbleu.org/crise-de-la-protection-de-lenfance-un-rapport-accablant-mais-des-solutions-pour-agir/
; Assemblée nationale. (2025, 7 avril). Dossier de presse —
Commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de
protection de l’enfance
. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/contenu/telechargement/903892/file/Dossier%20de%20presse%20CE%20protection%20de%20l%27enfance%2020250407.pdf

(95) Sénat. Rapport d’information n°837 (2022-2023),
application des lois relatives à la protection de l’enfance — sur le
FNFPE. https://www.senat.fr/rap/r22-837/r22-83718.html

(55) Jacquier-Laforge, É. (question) & Garde des
Sceaux (réponse). (2018, 23 octobre). Question écrite n°13474, Assemblée
nationale. https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-13474QE.htm

(108) CIIVISE. (2022 ; actualisé 2023). Livret «
Mélissa et les autres ». https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-10/Livret-de-formation-CIIVISE-juin%202023.pdf

(109) Seban Avocats. Rapport de la CIIVISE,
violences sexuelles faites aux enfants : le temps de la parole — analyse
des données sur l’âge moyen de révélation (45-50 ans), le taux de
première révélation (13 %), le taux de plainte (19 %, 12 % en cas
d’inceste) et le taux de condamnation (3 %, 1 % en cas d’inceste). https://www.seban-associes.avocat.fr/rapport-de-la-ciivise-violences-sexuelles-faites-aux-enfants-le-temps-de-la-parole/

(111) CIASE. (2021, 5 octobre). Les violences
sexuelles dans l’Église catholique, France 1950-2020
. https://www.ciase.fr/rapport-final/

(116) Ministère de la Justice, SSER. (2025,
novembre). Infostat Justice n°205. https://www.justice.gouv.fr/sites/default/files/2025-11/Infostat_Justice_205.pdf

(117) Fédération française des CRIAVS. (2025, 16
septembre). https://www.ffcriavs.org/boite_outils/documents/310/?download=1

(118) De Becker, E. (2009). L’adolescent
transgresseur sexuel. La psychiatrie de l’enfant, 52(2),
309-338. https://doi.org/10.3917/psye.522.0309

(119) CIIVISE / Groupe Miroir. (2025, juin). https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2025-07/Rapport%20Groupe%20Miroir.pdf

Affaires nommées — France

(16) Wikipédia. Gabriel Matzneff — pétition
du 26 janvier 1977. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Matzneff

(17) France Culture (F. Moghaddam & C. de
Kervasdoué). (2020, 3 janvier). Quand des intellectuels français
défendaient la pédophilie
. https://www.radiofrance.fr/franceculture/quand-des-intellectuels-francais-defendaient-la-pedophilie-2026242

(18) Verdrager, P. (2013 ; 2e éd. 2021).
L’enfant interdit : De la défense de la pédophilie à la lutte contre
la pédocriminalité
. Armand Colin. https://shs.cairn.info/l-enfant-interdit–9782200630843

(28) La Gazette des Communes. Le Défenseur des
enfants
— citation de Dominique Versini : « les enfants ne sont pas
des citoyens comme les autres » (2009-2011). https://www.lagazettedescommunes.com/191/le-defenseur-des-enfants/

(56) Duteurtre, B. (2009). Ballets roses.
Grasset ; Wikipédia. Affaire des Ballets roses (France). https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_Ballets_roses_(France)

(61) Wikipédia. Affaire Marcel Lechien. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Marcel_Lechien ;
Planet.fr. (2024, 23 février). https://www.planet.fr/faits-divers-le-pire-instituteur-pedophile-de-lhistoire-qui-est-marcel-lechien-condamne-pour-une-cinquantaine-dabus-sur-mineurs.2779682.807918.html

(59) Wikipédia. Affaire Joël Le Scouarnec.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Jo%C3%ABl_Le_Scouarnec
; France 24. (2025, 24 février). https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20250224-p%C3%A9docriminalit%C3%A9-l-ex-chirurgien-jo%C3%ABl-le-scouarnec-face-%C3%A0-299-victimes-%C3%A0-vannes

(62) Le Figaro. (2025, 20 septembre). https://www.lefigaro.fr/faits-divers/c-etait-le-papy-du-quartier-un-septuagenaire-accuse-d-avoir-viole-des-enfants-pendant-des-annees-malgre-un-signalement-a-la-justice-20250920

(60) Wikipédia. Patrick Font. https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Font

(57) Wikipédia. Bernard Preynat. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Preynat

(58) Wikipédia. Affaire Pierre Pican
évêque de Bayeux et Lisieux, condamné le 4 septembre 2001 pour
non-dénonciation des agissements de l’abbé René Bissey. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Pierre_Pican

(63) Franceinfo / ICI Picardie. (2026, 24 juillet).
https://www.franceinfo.fr/faits-divers/un-surveillant-de-college-de-24-ans-mis-en-examen-pour-viol-sur-mineur-dans-le-pas-de-calais_8121200.html

(74) Le Gendre, B. « La France n’est plus épargnée
par le “baby porno” », Le Monde, 27 février 1979 — cité dans
Wikipédia, Affaire Jacques Dugué. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Jacques_Dugu%C3%A9

(75) Santucci, F.-M. « Avec le pédophile Jacques D.,
des victimes de père en fils ? », Libération, 11 juillet 2000.
https://www.liberation.fr/france/2000/07/11/avec-le-pedophile-jacques-d-des-victimes-de-pere-en-fils_332730
; « Un pédophile condamné à trente ans de prison », Libération,
14 février 2002. https://www.liberation.fr/societe/2002/02/14/un-pedophile-condamne-a-trente-ans-de-prison_393726

(73) Wikipédia. Affaire du Coral. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral

(77) Wikipédia. Opération Cathedral. https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Cathedral ;
Le Monde. (1998, 4 septembre). Un vaste réseau de
pédophiles opérant sur Internet a été démantelé par les polices de vingt
et un pays
. https://www.lemonde.fr/archives/article/1998/09/04/un-vaste-reseau-de-pedophiles-operant-sur-internet-a-ete-demantele-par-les-polices-de-vingt-et-un-pays_3668879_1819218.html

(78) Wikipédia. Affaire du réseau pédophile
d’Angers
. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_r%C3%A9seau_p%C3%A9dophile_d%27Angers

(79) Boucherie, P. (2018, 30 mai). France
Bleu/ICI
. https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/pedophilie-deux-condamnes-du-proces-d-angers-violent-leur-suivi-socio-judiciaire-1527702181

(80) La gendarmerie et la protection de
l’enfance sur Internet
, revue Légicom, 2007/1. https://droit.cairn.info/revue-legicom-2007-1-page-59?lang=fr

(81) Bernard, S. « Opération Horus : des pédophiles
pris dans la toile de la gendarmerie », Gendinfo, Gendarmerie nationale,
17 janvier 2021. https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/criminalite-organisee-et-enquetes/2021/operation-horus-des-pedophiles-pris-dans-la-toile-de-la-gendarmerie

(82) France Bleu/ICI. (2023, 1er décembre).
Gironde : l’ex-cantonnier condamné à 20 ans de prison pour
cyber-pédocriminalité et inceste
. https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/20-ans-de-prison-pour-le-cyber-pedocriminel-de-frontenac-2357445
; France Bleu/ICI. (2023, 28 novembre). Gironde : un des
cyber-pédocriminels les plus recherchés au monde jugé aux assises
.
https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/gironde-un-des-cyber-pedocriminels-les-plus-recherches-au-monde-juge-aux-assises-7680470

(84) AFP/Europe 1. (2024, 22 février).
Démantèlement d’un important réseau pédocriminel ayant fait plus de
120 victimes
. https://www.europe1.fr/faits-divers/demantelement-dun-important-reseau-pedocriminel-ayant-fait-plus-de-120-victimes-4232033

(88) Gendarmerie nationale. (2024).
Cybercriminalité : les gendarmes démantèlent un important réseau
pédopornographique international
, Gendinfo. https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/criminalite-organisee-et-enquetes/2024/cybercriminalite-les-gendarmes-demantelent-un-important-reseau-pedopornographique-international

(89) Senecal, A. « Pédocriminalité : un vaste réseau
de violeurs d’enfants découvert en France, cinq suspects interpellés »,
Le JDD, 21 février 2025 (d’après Le Parisien). https://www.lejdd.fr/Societe/pedocriminalite-un-vaste-reseau-de-violeurs-denfants-decouvert-en-france-cinq-suspects-interpelles-155249

(90) Alouette.fr, avec AFP. (2025, 22 mai). https://www.alouette.fr/pedocriminalite-sur-telegram-55-interpellations-en-france-apres-une-vaste-operation-policiere

(85) Franceinfo. (2026, 11 juin). Les membres
d’un réseau pédocriminel condamnés jusqu’à 16 ans de prison à
Orléans
. https://www.franceinfo.fr/societe/pedocriminalite/les-membres-d-un-reseau-pedocriminel-condamnes-jusqu-a-16-ans-de-prison-a-orleans_8056451.html
; AFP/France 24. (2026, 11 juin). Procès à Orléans d’un réseau
pédocriminel : des peines de 10 à 20 ans de prison requises
. https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260611-proc%C3%A8s-%C3%A0-orl%C3%A9ans-d-un-r%C3%A9seau-p%C3%A9docriminel-des-peines-de-10-%C3%A0-20-ans-de-prison-requises

(87) Franceinfo. (2025, 27 janvier).
Pédopornographie : 37 personnes interpellées dans un vaste coup de
filet dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté
. https://www.franceinfo.fr/faits-divers/pedopornographie-37-personnes-interpellees-dans-un-vaste-coup-de-filet-dans-le-grand-est-et-en-bourgogne-franche-comte_7039067.html
; France Soir. (2025, 27 janvier). https://www.francesoir.fr/societe-justice/37-personnes-interpellees-par-la-gendarmerie-pour-telechargement-et-diffusion-de

(86) ICI (ex-France Bleu). (2023, décembre).
Pédocriminalité : 80 interpellations au cours de la plus grande
opération jamais menée en France
— citation de Linda Kebbab,
déléguée nationale d’Unité SGP Police-Force Ouvrière. https://www.ici.fr/infos/faits-divers-justice/pedocriminalite-80-interpellations-apres-la-plus-grande-operation-jamais-menee-en-france-1820221

(52) Wikipédia. Affaires Luc Tangorre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaires_Luc_Tangorre

(53) Wikipédia. Affaire Valérie Bacot. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Val%C3%A9rie_Bacot
; France Bleu/ICI. (2021, 21 juin). https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/valerie-bacot-jugee-pour-avoir-tue-son-mari-et-ex-beau-pere-qui-la-violait-et-la-prostituait-1624216036

(64) Wikipédia. Affaire Gouardo. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Gouardo

(65) Wikipédia. Affaire Cécile Bloch. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_C%C3%A9cile_Bloch

(68) Wikipédia. Christian Quesada. https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Quesada ;
Franceinfo. (2020, 8 avril). https://www.franceinfo.fr/faits-divers/justice-proces/pedopornographie-christian-quesada-ex-star-des-jeux-tele-est-condamne-a-trois-ans-de-prison_3905965.html

(69) Franceinfo. (2026, 14 janvier). https://www.franceinfo.fr/economie/medias/morandini/l-animateur-jean-marc-morandini-definitivement-condamne-pour-corruption-de-mineurs-apres-la-decision-de-la-cour-de-cassation_7738930.html
; Le Club des Juristes. https://www.leclubdesjuristes.com/en-bref/jean-marc-morandini-definitivement-condamne-pour-corruption-de-mineurs-13678/

(70) Puremédias/Ozap. https://www.ozap.com/actu/un-journaliste-de-france-24-mis-en-examen-et-incarcere-pour-des-agressions-sexuelles-sur-des-mineurs/588307

(71) Wikipédia. Jean-Luc Brunel. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Brunel

(66) Wikipédia. Jérôme Carrein. https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Carrein

(67) Wikipédia. Affaire des films de la
FNAC
. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_films_de_la_FNAC

(72) Franceinfo. (2021, février). https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/affaire-marc-pulvar-quatre-questions-autour-des-accusations-de-pedocriminalite-qui-visent-cette-ex-figure-du-syndicalisme-martiniquais_4297909.html

(54) Wikipédia. Affaire d’Outreau. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_d%27Outreau

(121) Wikipédia. Affaire Denis Mannechez.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Denis_Mannechez ;
Bui, D. (2021, 18 mars). Le Nouvel Obs. https://www.nouvelobs.com/justice/20210318.OBS41541/betty-mannechez-quand-j-entends-eric-dupond-moretti-parler-de-consentement-j-ai-la-rage.html

(83) La Presse / AFP. (2026, 22 juillet). Un
rabatteur présumé de Jeffrey Epstein retrouvé mort chez lui. https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-07-22/france/un-rabatteur-presume-de-jeffrey-epstein-retrouve-mort-chez-lui.php
; Franceinfo/France 2. (2026, 15 février). Affaire Epstein : le réseau
parisien du pédocriminel passé au crible par la justice française. https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/affaire-epstein-le-reseau-parisien-du-pedocriminel-passe-au-crible-par-la-justice-francaise_7807814.html

(91) ICI Paris Île-de-France. (2026, 17 février).
Violences dans le périscolaire : neuf animateurs d’une école
maternelle suspendus à Paris
. https://www.ici.fr/ile-de-france/paris-75/paris/violences-dans-le-periscolaire-neuf-animateurs-d-une-ecole-maternelle-suspendus-a-paris-4198336
; CNews. (2026, 23 mai). Violences dans le périscolaire : deux
animateurs d’une école parisienne écroués pour des violences
sexuelles
. https://www.cnews.fr/france/2026-05-23/violences-dans-le-periscolaire-deux-animateurs-dune-ecole-parisienne-ecroues-pour
; Wikipédia. Affaire du périscolaire à Paris. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_p%C3%A9riscolaire_%C3%A0_Paris

Aide sociale à
l’enfance et secteur social

(93) Convention collective nationale du 15 mars 1966
(IDCC 413) — valeur du point gelée depuis juillet 2022. https://www.oulala.net/grille-salaire-convention-66/ ;
La Minute Entreprise, grille salaires convention 66 2026. https://laminute-entreprise.fr/grille-des-salaires-convention-66-pour-2026/

(104) Regards Protestants. L’Aide sociale à
l’enfance, cible de proxénètes. https://regardsprotestants.com/actualites/societe/laide-sociale-a-lenfance-cible-de-proxenetes/
; Question écrite n°11473, Assemblée nationale, 17e législature
(témoignage d’Éric Delemar). https://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE11473

(105) Wikipédia. Affaire Pierre-Alain
Cottineau
. https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Pierre-Alain_Cottineau
; Folgoas, R. (2025, 9 juillet). Le Parisien. https://www.leparisien.fr/faits-divers/jai-des-enfants-a-disposition-revelations-sur-pierre-alain-cottineau-a-la-tete-dun-reseau-pedocriminel-09-07-2025-26FQXKLRDRFR3HYOC2XBQEBZKY.php

(106) StreetPress. (2025). https://www.streetpress.com/sujet/1744118016-systeme-maltraitance-institutionnelle-protection-enfance-aide-sociale-prive-placements-entreprises

(107) Disclose, & Radio France (cellule
investigation). (2024, mars). https://disclose.ngo/fr/article/violences-sexuelles-des-chauffeurs-de-taxi-dambulance-et-de-car-scolaire-agressent-en-toute-impunite

(112) Inspection générale de la Ville de Paris.
(2015, juin). Rapport ROC. https://cdn.paris.fr/paris/2022/06/15/bc994f6079f72008f764b3a0a5d325cf.pdf

(113) NSPCC Learning. https://learning.nspcc.org.uk ; Rigg, K., & Phippen,
A. (2016). Grooming within organisations. Farrer & Co.

Justice, budget et système
carcéral

(97) Fondation IFRAP. Justice : il manque 5 702
procureurs pour être dans la moyenne européenne. https://www.ifrap.org/fonction-publique-et-administration/justice-il-manque-5-702-procureurs-pour-etre-dans-la-moyenne-europeenne

(98) Public Sénat. (2025, décembre). Justice : le
Sénat adopte l’un des rares budgets en hausse dans le PLF 2026 (citation
du sénateur Antoine Lefèvre). https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/justice-le-senat-adopte-lun-des-rares-budgets-en-hausse-dans-le-projet-de-loi-de-finances-2026

(99) JSS. Budget 2026 : 10,7 milliards d’euros
prévus pour la justice. https://jss.fr/post/budget-2026-107-milliards-euros-prevus-justice

(100) Fondation IFRAP. (2026, mai). Une justice au
bord de l’implosion. https://www.ifrap.org/fonction-publique-et-administration/une-justice-au-bord-de-limplosion

(101) Franceinfo. (2026, 5 juin). « C’est une
question de responsabilité » : Emmanuel Macron réagit aux failles
pointées du doigt dans l’affaire Lyhanna. https://www.franceinfo.fr/societe/justice/c-est-une-question-de-responsabilite-emmanuel-macron-reagit-aux-failles-pointees-du-doigt-dans-l-affaire-lyhanna_8047169.html

(102) Public Sénat. (2026, 10 juin). Affaire Lyhanna
: Sébastien Lecornu reconnaît un besoin « de moyens » pour la justice.
https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/affaire-lyhanna-sebastien-lecornu-reconnait-un-besoin-de-moyens-pour-la-justice
; Boursorama/AFP Video. (2026, 10 juin). Lyhanna : Lecornu reconnaît des
« dysfonctionnements ». https://www.boursorama.com/videos/actualites/lyhanna-lecornu-reconnait-des-dysfonctionnements-672d8ec0c2668283b66e2cfb3edd5ab5

(103) Franceinfo. (2026, 12 juin). « J’ai eu des
agressions sexuelles de sa part » : le père de Jérôme Barella à son tour
dans le viseur de la justice pour des soupçons de violences sexuelles
sur sa petite fille
. https://www.franceinfo.fr/faits-divers/j-ai-eu-des-agressions-sexuelles-de-sa-part-le-pere-de-jerome-barella-a-son-tour-dans-le-viseur-de-la-justice-pour-des-soupcons-de-violences-sexuelles-sur-sa-petite-fille_8058242.html
; France 3 Occitanie. (2026, 11 juin). Classée il y a six ans, le
parquet de Béziers rouvre une enquête sur les faits d’agression sexuelle
concernant le père de Jérôme Barella
. https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/classee-il-y-a-six-ans-le-parquet-de-beziers-rouvre-une-enquete-sur-les-faits-d-agression-sexuelle-concernant-le-pere-de-jerome-barella-3366604.html
; RTL. (2026, 10 juin). Affaire Lyhanna : le père de Jérôme Barella
a été accusé de viol par une de ses petites-filles en 2013 avant
d’obtenir un non-lieu
. https://news.google.com/read/CBMiiAJBVV95cUxNLVpZQVVaMU1VcG5heExSdXBVYkp3Z2haOVkxbDFzeXZDeERmcXkwbUF0MXVLYmRIYUw3emFoN1V1WDdXeVVsYV9YbnBqUXBwS2NKNGNmUktrb0xyX0pWZ2lSbkVyUm1mUXpoT3RZWC1WYW9kVHNtbG1jR0pTaDhjR1ZCNHZYWnZZSTVGM1hCSzBoMHNPMVAxd2FKOUZfb3VFZlBIMFVZY01HQ3kta3kyY1ZCUDJsRnMtNnB2aHpEdU1KS00xYk1QaXpCSHI5aXpMazdXc2NwWUczSUdFcXNVWXJkUjMwZ2RjMHMxeEJ2eHFhUFFTSUVqWXNxN29HUWFlM21pNWxOeXY?hl=en-US&gl=US&ceid=US%3Aen

Actualité
législative 2025-2026 (Lyhanna, imprescriptibilité, loi intégrale)

(36) Darmanin, G. Publication Facebook (2026, 9
août), reproduisant intégralement la note du 8 août 2026 adressée au
ministre de l’Intérieur et à la ministre de la Santé, « Suites de
l’affaire Lyhanna – synthèse des revues de portefeuilles des 36 cours
d’appel » (source primaire, document officiel publié par son auteur) ;
Syndicat de la Magistrature, réaction publique (2026, août).

(37) Le JDD. Mortalité infantile : un rapport
embarrassant pour le gouvernement enfin publié
. https://www.lejdd.fr/Societe/mortalite-infantile-un-rapport-embarrassant-pour-le-gouvernement-enfin-publie-180597
; Juste Milieu. (2026, 5 août). Mortalité infantile : un rapport
catastrophique enterré par le gouvernement !
(d’après Le Canard
enchaîné
). https://juste-milieu.fr/mortalite-infantile-rapport-igas-enterre-rist-france-2026/

(38) Cour des comptes. (2020, 30 novembre). La
protection de l’enfance, une politique inadaptée au temps de
l’enfant
. https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20201130-rapport-protection-enfance_0.pdf
; Cour des comptes. (2009, octobre). https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/RPT-protection-enfance.pdf

(39) Le Canard enchaîné. (2026, 5 août).
La ministre de la Santé enterre un rapport sur la mortalité
infantile
. https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-infantile

(44) AFP / Orange Actualités. (2026). https://actu.orange.fr/france/enfance-un-projet-de-loi-a-l-assemblee-bientot-elargi-apres-l-affaire-lyhanna-CNT000002qfpYj.html

(46) La 1ère (Outre-mer). (2026, 24 juillet). https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/1052-enquetes-pour-violences-sexuelles-sur-mineures-reexaminees-a-la-reunion-et-a-mayotte-c-est-un-travail-monumental-1722769.html

(47) Franceinfo. (2026, 28 juillet). Violences
sexuelles sur mineurs : 924 personnes incarcérées depuis le lancement de
la revue nationale des procédures, après l’affaire Lyhanna. https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/violences-sexuelles-sur-mineurs-924-personnes-incarcerees-depuis-le-lancement-de-la-revue-nationale-des-procedures-apres-l-affaire-lyhanna_8125715.html
; Le Figaro. (2026, 28 juillet). https://www.lefigaro.fr/faits-divers/violences-sexuelles-sur-mineurs-924-individus-incarceres-depuis-l-affaire-lyhanna-20260728

(48) Bonvarlet, S. (2026, 21 juillet). LCP. https://lcp.fr/actualites/protection-de-l-enfance-les-deputes-retablissent-la-peine-de-perpetuite-pour-les-viols

(49) CNews. (2026, 21 juillet). https://www.cnews.fr/france/2026-07-21/protection-de-lenfance-qui-sont-les-41-deputes-de-gauche-qui-ont-vote-contre-la
; Kohen, H. (2026). https://kohenavocats.com/imprescriptibilite-crimes-mineurs-vote-assemblee-nationale-constitutionnalite-2026/

(50) Banque des Territoires / Localtis. (2026, 21-22
juillet). https://www.banquedesterritoires.fr/protection-des-enfants-lassemblee-nationale-adopte-le-projet-de-loi

(41) Dusseaulx, A.-C. (2026, 21 juillet). LCP. https://lcp.fr/actualites/loi-integrale-contre-les-violences-sexistes-et-sexuelles-un-nouveau-texte-depose-mi-aout

(120) Franceinfo. (2026, 15 avril). https://www.franceinfo.fr/societe/education/periscolaire-a-paris-une-plainte-pour-non-denonciation-d-agressions-deposee-contre-cash-investigation-qui-refute-des-accusations-inexactes-et-mensongeres_7940621.html

Sources internationales

(51) Metropolitan Police / NSPCC. (2013, janvier).
Giving Victims a Voice ; Chambre des représentants de Belgique.
(2024, 2 mai). https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2024/05/02/la-commission-d-enquete-sur-les-cas-d-abus-sexuel-vote-137-recom/

(110) McAlinden, A.-M. (2012). ‘Grooming’ and
the sexual abuse of children: Institutional, internet, and familial
dimensions
. Oxford University Press. https://doi.org/10.1093/acprof:oso/9780199583681.001.0001

(114) Beier, K. M., et al. (2009, 2015). Prevention
Project Dunkelfeld. https://doi.org/10.1111/jsm.12785

(76) Nicolas, J., & Lavachery, F. (2001).
Dossier Pédophilie : le scandale de l’affaire Dutroux.
Flammarion ; Face à l’Inceste. Les réseaux pédocriminels n’existent pas…
vraiment ? https://facealinceste.fr/blog/dossier/les-reseaux-pedocriminels-n-existent-pas-vraiment

Renvoi interne

(2) passionanimation.fr. (2026). Pédocriminalité
dans l’animation périscolaire : le secteur le plus contrôlé de France —
depuis 1960
. https://passionanimation.fr/pedocriminalite-dans-lanimation/

Eric FALCON

Formateur et animateur depuis 1995, je dirige et forme dans le secteur de l'animation socioculturelle et de l'éducation populaire : BAFA-BAFD, CPJEPS, BPJEPS, DEJEPS (membre de jury en Auvergne), DESJEPS en cours par la VAE. J'ai été responsable enfance-jeunesse d'une communauté de communes (Haute-Loire, 2014-2017) et je dirige un centre de loisirs parisien. Depuis 2020, je me suis spécialisé dans le numérique éducatif : expert Moodle (installation, scénarisation, formation d'équipes) auprès d'entreprises, écoles et organismes de formation en France et à l'international, et auteur sous contrat avec les Éditions ENI pour Enseigner en ligne avec Moodle (depuis 2024). J'ai créé en 2013 le Wiki de la réglementation des Accueils Collectifs de Mineurs et son application mobile, puis le site passionanimation.fr en 2018, où je publie aussi des articles de fond richement sourcés. Je co-administre le groupe Facebook "Réseau Animation" (95 000 membres).

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